La tension est montée d’un cran dans le Golfe avec une nouvelle série d’attaques nocturnes. Dans la nuit de lundi à mardi, une frappe de drones a visé une infrastructure maritime en plein port de Dubaï, aux Émirats arabes unis, provoquant une intervention d’urgence des autorités locales face à un potentiel risque environnemental.
La cible de cette attaque attribuée à l’Iran est le pétrolier koweïtien Al Salmi. Selon les autorités, le navire a été touché par des drones alors qu’il était ancré dans le port émirati. La Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a confirmé que l’impact a déclenché un incendie à bord. Les équipes d’intervention de Dubaï ont rapidement maîtrisé le sinistre. Le bureau des médias de l’émirat a précisé qu’aucune fuite de pétrole ni aucune victime n’ont été signalées sur le navire.
L’enjeu matériel était considérable. Les données maritimes indiquent que le pétrolier transportait deux millions de barils de brut en provenance du Koweït et de l’Arabie saoudite, à destination de la Chine. Une évaluation des dégâts est actuellement en cours par la KPC, société mère du propriétaire enregistré du navire.
Le média Al Jazeera, qui a suivi l’évolution de la situation sur place, rapporte que de multiples et fortes explosions ont été entendues à Dubaï entre lundi soir et les premières heures de mardi. Des avions militaires ont été déployés pour patrouiller dans le ciel émirati, maintenant la ville en état d’alerte. Dans le quartier d’Al Badaa à Dubaï, quatre personnes ont subi des blessures mineures en marge de ces événements.
Cet incident s’inscrit dans une offensive régionale plus vaste. Au cours des dernières heures, l’Arabie saoudite, le Qatar et le Bahreïn ont également fait l’objet d’attaques. Le ministère saoudien de la Défense a annoncé avoir intercepté et détruit dix drones ainsi que huit missiles balistiques qui visaient notamment la région de Riyad et la province orientale.
Ces frappes s’ajoutent à une série d’assauts menés contre des navires marchands dans le Golfe et le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran à la fin du mois de février. Une situation qui avait déjà poussé les pays du G7 à préparer un plan d’urgence face à la menace pesant sur les ressources pétrolières mondiales.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi que les opérations de Téhéran dans les pays arabes du Golfe visaient exclusivement les forces américaines. Il a affirmé que l’Iran respectait ces nations voisines, justifiant ces actions par la volonté d’expulser la présence militaire américaine de la région.