Comment les fortes pluies ont-elles touché les habitants de Dakar et des autres régions ? Le bilan fait état d’au moins cinq morts, dont trois enfants, après des inondations, des effondrements et des épisodes de foudre. D’autres décès signalés restent à confirmer. L’intensité des précipitations a contribué à la gravité de la situation : certains postes pluviométriques ont enregistré plus de 100 millimètres, tandis que des inondations, des perturbations de la circulation et des dégâts matériels étaient constatés.
Aux Parcelles Assainies, à l’Unité 7, une femme de 25 ans et son fils de 4 ans se trouvaient au rez-de-chaussée d’un immeuble lorsque les eaux ont envahi les lieux dimanche. Le courant les a entraînés hors du bâtiment. Les sapeurs-pompiers, alertés à 18h20, ont retrouvé leurs corps après des recherches et les ont transportés à l’hôpital Dalal Jamm. Le bilan des morts à Dakar comprend aussi une personne décédée après la chute d’un mur à Grand-Yoff, tandis que d’autres cas restent à confirmer.
À Grand-Médine, le décès d’un nourrisson après l’effondrement d’un mur est rapporté sous réserve de confirmation. À Yarakh, l’affaissement d’une dalle aurait fait trois victimes. Senenews rapporte également deux morts parmi des enfants à Silane, dans la commune de Ngogom, lors de la foudre qui a frappé la cour d’une maison vendredi 2 octobre. Le ministère de l’Intérieur signale par ailleurs des décès dans les régions de Matam et de Kaolack. À Gourel Serigne, quartier de Matam, une personne est morte et deux autres ont été blessées dans l’effondrement d’un hangar dimanche.
Les pluies ont aussi perturbé les déplacements dans la capitale. Le croisement Cambérène–Patte d’Oie est devenu impraticable et la circulation a été interrompue près de « Sénégal 92 », à Émergence. Des automobilistes ont fait demi-tour pour rejoindre la VDN ou les rues voisines. En banlieue, des familles ont quitté leur domicile et des routes ont été coupées. À Keur Massar, le débordement du marigot de Mbao a affecté l’autoroute à péage, dont le gestionnaire a recommandé aux usagers de reporter leurs déplacements.
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La violence de ces épisodes met aussi sous pression des réseaux d’assainissement vieillissants. À Dakar, 52 millimètres de pluie sont tombés en deux heures lors d’un épisode précédent ; certains réseaux, dont plusieurs datent de plus de 60 ans, ne sont pas conçus pour absorber un tel volume sur une période aussi courte. Les eaux stagnantes avaient alors diminué progressivement, la plupart ayant disparu quatre à cinq heures après les premières difficultés. Face aux inondations, aggravées par l’urbanisation rapide et les aléas climatiques, le président Bassirou Diomaye Faye a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et souligné la mobilisation des autorités.
Les prévisions de l’ANACIM avaient annoncé une fin de saison des pluies tardive et la possibilité de fortes précipitations au-delà des dates habituelles. L’enroulement cyclonique des masses d’air observé au-dessus du Sénégal confirmait le risque de fortes pluies, particulièrement dans le Sud et le Centre-Sud. Dakar avait été placée en vigilance jaune pour les risques d’inondations soudaines et de fortes rafales. Lundi, une alerte orange était maintenue pour Kaffrine, Louga, Saint-Louis et Ziguinchor, tandis que Dakar figurait parmi les régions en vigilance jaune. À Oussouye, les cumuls de pluie pouvaient atteindre 48 mm.




