La longue période d’incertitude concernant l’avenir de Trinity Rodman a pris fin jeudi soir. L’attaquante internationale américaine, convoitée par les plus grands clubs européens, a officiellement scellé son destin avec le Washington Spirit via un contrat qui redéfinit les standards économiques de la discipline.
L’annonce faite par la franchise de la capitale américaine ne se limite pas à une simple prolongation de contrat. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’accord portant sur trois ans permet à la joueuse de 23 ans de devenir la footballeuse la mieux payée de l’histoire de la National Women’s Soccer League (NWSL).
Si les termes financiers exacts n’ont pas été officiellement divulgués par le club, plusieurs sources concordantes indiquent que le nouveau bail de Rodman dépasse les 2 millions de dollars annuels, bonus inclus. Un montant qui brise le plafond de verre salarial dans un championnat où la masse salariale globale d’une équipe est pourtant strictement encadrée.
Un dispositif d’exception pour contourner le plafond salarial
Pour parvenir à conserver sa star face à la concurrence des clubs anglais, qui ne sont pas soumis aux mêmes restrictions budgétaires, la ligue américaine a dû adapter ses règles. Le plafond salarial par équipe est fixé à 3,5 millions de dollars pour la saison 2026. Intégrer un salaire individuel de 2 millions de dollars dans cette enveloppe semblait mathématiquement impossible sans déséquilibrer l’effectif.
La solution est venue d’un nouveau mécanisme adopté fin décembre : la règle du « High Impact Player ». Ce dispositif autorise désormais les franchises à dépenser jusqu’à 1 million de dollars au-delà du plafond autorisé pour recruter ou retenir des joueuses répondant à des critères d’élite, tels que le temps de jeu en équipe nationale ou la nomination au Ballon d’Or.
Tensions juridiques en coulisses
Ce montage financier ne s’est pas fait sans heurts. Une précédente tentative d’accord pluriannuel entre Rodman et le Spirit avait été rejetée par la commissaire de la NWSL, Jessica Berman, qui estimait qu’elle violait l’esprit des règles salariales. Ce veto avait conduit l’association des joueuses (NWSLPA) à déposer un recours, arguant d’une violation des droits de l’agent libre.
L’introduction unilatérale de la règle du « High Impact Player » par la ligue fait d’ailleurs toujours l’objet d’une contestation par le syndicat des joueuses, qui considère que toute modification de la structure de rémunération doit être négociée collectivement. Haley Carter, présidente des opérations soccer du Spirit, a toutefois assuré que ces griefs juridiques n’affecteraient pas la validité du contrat signé par Rodman.
Une figure centrale pour l’avenir de la franchise
Pour Michele Kang, propriétaire du Washington Spirit, cet investissement massif reflète une nécessité stratégique. « Trinity est une joueuse générationnelle, mais plus important encore, elle représente l’avenir de ce club et du football féminin », a-t-elle déclaré. La perte de Rodman, devenue agent libre à la fin de la saison dernière après cinq ans au club, aurait constitué un coup dur pour l’attractivité de la NWSL, qui a déjà vu partir d’autres cadres de la sélection américaine comme Naomi Girma vers l’Europe.
Fille de l’ancienne gloire de la NBA Dennis Rodman, Trinity s’est imposée par ses propres performances. Médaillée d’or aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, elle compte 47 sélections et 11 buts avec l’équipe nationale des États-Unis. Actuellement en stage avec la sélection en Californie, elle reste la figure de proue d’un championnat qui tente de maintenir sa compétitivité financière face à la montée en puissance des ligues européennes.