Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient commencent à se faire lourdement ressentir sur les marchés mondiaux de l’énergie. En France, la hausse soudaine des cours du pétrole et du gaz ravive les inquiétudes autour du pouvoir d’achat, poussant une partie de la classe politique à exiger des mesures préventives avant que la situation ne s’aggrave pour les consommateurs.
Face à cette escalade tarifaire, le député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a exhorté le gouvernement à instaurer un blocage des prix du carburant. Intervenant ce jeudi sur la radio France Info, l’élu a souligné l’urgence de la situation pour les ménages. Comme le rapporte l’agence Anadolu, il estime que cette intervention ne devrait pas peser sur les finances publiques, mais être directement absorbée par les acteurs du secteur. « Vu les marges des distributeurs et des pétroliers dans la situation actuelle, on peut faire en sorte que le blocage des prix se fasse sur leurs marges », a-t-il affirmé, redoutant qu’il ne « soit trop tard si l’on tarde à agir ». Il a également demandé au ministère de l’Économie d’organiser un débat à l’Assemblée nationale sur les conséquences économiques du conflit.
L’urgence invoquée par le parlementaire s’appuie sur des données récentes particulièrement volatiles. Mercredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a indiqué que les cours du pétrole avaient bondi d’environ 15 % en seulement trois jours, tandis que ceux du gaz s’envolaient de plus de 50 %. Bien que ces derniers partent d’un niveau jugé très bas par rapport aux pics de 2022, la situation est suivie de près par les autorités financières. Cette nervosité des marchés vient s’ajouter à l’inquiétude grandissante des milieux d’affaires français face aux répercussions industrielles de la crise. De son côté, le ministère de l’Économie a tenu à préciser qu’il n’existait, à ce stade, aucun risque de pénurie de carburant sur le territoire national.
Au-delà des questions purement économiques, Éric Coquerel a vivement critiqué la posture diplomatique de Paris. L’élu a appelé à un cessez-le-feu immédiat, remettant en question la pertinence des déploiements militaires actuels, dont celui du porte-avions Charles-de-Gaulle dans la région. Interrogé sur l’avenir politique du Moyen-Orient en cas d’arrêt des hostilités, il a affiché son scepticisme quant aux interventions extérieures, soulignant que « l’objectif de Donald Trump, ce n’est pas de remplacer le régime des mollahs par une démocratie ».