Face à la résurgence séparatiste au Pakistan, l’ampleur du bilan humain revendiqué par l’armée au Baloutchistan

Au terme d’une semaine d’offensive intense dans la province du Baloutchistan, les forces armées pakistanaises ont mis fin à une vaste opération de sécurisation. Cette riposte, déclenchée par une série d’attaques coordonnées, se solde par des chiffres lourds communiqués par les autorités militaires, illustrant la violence des affrontements dans cette région instable frontalière de l’Iran et de l’Afghanistan.

La tension est montée d’un cran dans le sud-ouest du Pakistan. Selon les éléments relayés par Al Jazeera, l’armée a officiellement conclu l’opération baptisée « Radd-ul-Fitna-1 » (lutter contre le chaos), lancée pour démanteler les réseaux insurgés actifs dans la province. Le bilan présenté par l’institution militaire fait état de 216 combattants tués lors de ces manœuvres, décrites comme des actions de nettoyage basées sur des renseignements précis.

Une riposte aux attaques du BLA

Cette mobilisation massive des forces de sécurité intervient en réponse directe aux actions de l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA). Ce groupe séparatiste avait revendiqué, fin janvier, une série d’assauts coordonnés visant des infrastructures civiles et militaires, notamment des écoles, des banques et des marchés. L’objectif affiché par le groupe armé était de « déstabiliser la paix » dans la région.

D’après le commandement militaire, l’offensive a permis de dégrader significativement les capacités opérationnelles et la chaîne de commandement des insurgés. Un important stock d’armes, de munitions et d’équipements d’origine étrangère a également été saisi sur le terrain.

Un lourd tribut civil et militaire

Si l’armée met en avant la neutralisation des combattants adverses, les affrontements ont également causé des pertes collatérales importantes. Le communiqué officiel précise que 36 civils, incluant des femmes et des enfants, ont perdu la vie durant cette période de troubles. Du côté des forces de l’ordre, 22 membres du personnel de sécurité ont été tués lors des opérations.

Le ministre en chef du Baloutchistan, Sarfraz Bugti, a adopté un ton particulièrement ferme face à la presse, déclarant que les forces de sécurité avaient « envoyé plus de 700 terroristes en enfer » au cours des douze derniers mois. Il a par ailleurs pointé du doigt une supposée ingérence étrangère, accusant l’Inde et l’Afghanistan de soutenir logistiquement les combattants, des allégations que New Delhi et Kaboul réfutent catégoriquement.

Riche en ressources naturelles telles que le gaz, l’or et le cuivre, le Baloutchistan reste le théâtre d’une insurrection de longue date. Les groupes armés locaux justifient leurs actions par la dénonciation de l’exploitation des richesses provinciales par le gouvernement fédéral, ciblant régulièrement les forces de sécurité ainsi que les ressortissants chinois travaillant sur les projets d’infrastructure dans la région.

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