Depuis plusieurs mois, le traitement judiciaire du soutien à la cause palestinienne en France connaît un durcissement notable. Alors que les procédures visant des personnalités individuelles s’accumulent, une dynamique de regroupement émerge pour briser l’isolement des prévenus. C’est depuis la région Rhône-Alpes qu’une nouvelle structure nationale s’apprête à voir le jour ce vendredi.
Le constat dressé par les militants associatifs est celui d’un changement de doctrine. Après les interdictions de manifestations observées à l’automne dernier, la réponse des autorités françaises semble s’être déplacée vers le terrain judiciaire, ciblant nommément des figures de la société civile. C’est dans ce climat de tension que plusieurs acteurs ont décidé de fédérer leurs forces pour opposer une réponse collective aux poursuites individuelles.
Une coordination nationale lancée depuis Lyon
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, une « coordination nationale de lutte contre la répression » sera officiellement lancée ce 24 janvier à Lyon. Cette initiative, qui fait suite à deux réunions préparatoires en visioconférence, entend structurer une défense commune face à ce que les initiateurs qualifient de stratégie d’intimidation.
Le choix de Lyon n’est pas anodin. C’est dans cette ville que le projet a germé, en réaction directe à l’augmentation locale des procès. Alex, militant de la Ligue de la jeunesse révolutionnaire interrogé par nos confrères, explique la genèse du mouvement : « Le projet est parti d’un cadre lyonnais, avec la multiplication des procès. Très rapidement, on a évoqué l’idée de créer un mouvement national ».
Une répression jugée « progressive »
L’analyse portée par ces militants décrit une séquence en trois temps : d’abord les tentatives d’interdiction de l’espace public, ensuite les injonctions morales à la condamnation, et désormais une phase de « répression des personnalités individuelles ». L’objectif affiché par cette nouvelle coordination est donc de sortir de la gestion au cas par cas pour créer un rapport de force politique.
Les dossiers s’accumulent devant les tribunaux français. Parmi les cas emblématiques cités par les organisateurs figurent ceux d’Elias D’Imzalene, poursuivi pour apologie du terrorisme, ou encore de Yamine Makri, dont le délibéré est attendu le 26 janvier. À Nice également, la justice a récemment prononcé de lourdes sanctions contre des militants pour leurs publications sur les réseaux sociaux.
L’union au-delà des divergences
La réunion de ce vendredi vise à formaliser cette union sacrée. Elle est ouverte aux associations et à la société civile, avec une ambition claire : dépasser les désaccords politiques pour former un front uni. Des personnalités comme le journaliste Shahin Hazami ou le politologue François Burgat — lui-même relaxé en première instance mais en attente d’un procès en appel — apportent leur soutien à cette démarche.
La stratégie repose sur une conviction : face à l’appareil judiciaire, la solidarité politique et la mobilisation populaire constituent les seuls remparts efficaces pour les militants isolés.