L’armée de l’air nigériane a annoncé l’ouverture d’une enquête à la suite de frappes aériennes meurtrières survenues samedi dans l’État de Yobe, au nord-est du pays. Les bombardements, qui visaient initialement des groupes armés, ont touché une zone civile, causant de nombreuses pertes humaines.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, les frappes ont ciblé le marché de Jilli, situé près de la frontière avec l’État de Borno. Les avions militaires étaient en pleine opération de poursuite de combattants actifs dans cette région. L’armée de l’air a indiqué dans un communiqué le déploiement d’une équipe sur le terrain pour « examiner ces allégations » et établir les faits.
Le bilan de cette attaque diffère selon les sources. Un rapport sécuritaire élaboré pour les Nations unies dénombre au moins 56 morts et 14 blessés. De son côté, l’ONG Amnesty International avance des chiffres plus élevés, faisant état de plus de 100 personnes tuées et de 35 blessés graves. Selon nos sources, plusieurs victimes ont été évacuées vers les structures hospitalières des villes de Geidam et Maiduguri.
Cet événement s’inscrit dans un contexte sécuritaire complexe. Le Nigeria fait face depuis 2009 à une insurrection djihadiste menée par Boko Haram, aggravée par l’émergence de factions dissidentes comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Notre rédaction rappelle que des opérations antiterroristes ont déjà entraîné la mort de civils dans le pays. En juin 2025, au moins 20 civils avaient été tués dans une frappe dans l’État de Zamfara, et six autres en février de la même année dans l’État de Katsina. Les enquêtes ouvertes après ces incidents débouchent rarement sur des conclusions publiques ou des poursuites.