États-Unis : le barreau de Floride se rétracte sur le dossier Trump, l’ex-procureure visée formule une exigence précise

L’organe de régulation des professionnels du droit en Floride a officiellement fait marche arrière concernant une procédure impliquant une ancienne membre de l’administration de Donald Trump. Cette décision inattendue vient clore une série de correspondances avec une organisation de surveillance gouvernementale et provoque des réactions tranchées au sein de l’appareil judiciaire américain.

Vendredi dernier, Jennifer Krell Davis, porte-parole du barreau de Floride, a adressé une clarification aux médias américains pour démentir l’existence d’une enquête visant Lindsey Halligan, ancienne procureure des États-Unis. Selon les informations relayées par Al Jazeera, l’institution a formellement retiré une lettre envoyée en février à l’organisation Campaign for Accountability. Ce document affirmait par erreur qu’une investigation était déjà en cours concernant le travail de l’avocate sous l’administration Trump.

L’origine de ce dossier remonte à la nomination de Lindsey Halligan en septembre dernier. Ancienne avocate spécialisée dans les assurances et sans expérience préalable en tant que procureure, elle avait été désignée procureure par intérim pour le district oriental de Virginie. Elle succédait à Erik Siebert, limogé par Donald Trump après avoir refusé d’inculper certains de ses détracteurs. Le 20 septembre, le président américain avait publié un message sur les réseaux sociaux suggérant que la nouvelle procureure serait plus accommodante, citant nommément la procureure générale de New York Letitia James, le sénateur Adam Schiff et l’ancien directeur du FBI James Comey.

Dans les semaines qui ont suivi, Lindsey Halligan a déposé trois actes d’accusation pénale. James Comey a été inculpé le 25 septembre pour fausses déclarations au Congrès et entrave aux procédures officielles. Letitia James a fait face à des accusations de fraude bancaire le 9 octobre, suivie par l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton le 16 octobre pour mauvaise gestion d’informations classifiées. Les trois accusés avaient plaidé non coupables.

La légalité de ces poursuites a rapidement été remise en cause par les tribunaux. Aux États-Unis, un procureur par intérim ne peut siéger que pour une durée maximale de 120 jours sans confirmation du Sénat. Aucune prolongation n’ayant été accordée à Lindsey Halligan, un juge a statué en novembre que sa nomination était illégale, entraînant le rejet des affaires visant James Comey et Letitia James. Un autre magistrat avait également estimé qu’il existait une base raisonnable pour croire à un mépris délibéré de la loi dans la gestion des preuves du dossier Comey. Face à la pression, elle a finalement démissionné le 20 janvier.

C’est dans ce contexte que l’organisation Campaign for Accountability avait déposé des plaintes en novembre auprès des barreaux de Virginie et de Floride. À la suite de la récente rétractation du barreau de Floride, Michelle Kuppersmith, directrice exécutive du groupe, a publiquement remis en question ce revirement, soulignant que trois juges avaient préalablement relevé des comportements semblant enfreindre les règles éthiques de la profession.

Du côté républicain, cette annulation a été accueillie avec satisfaction. Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a réagi sur les réseaux sociaux par un simple « Bien ! », tandis que la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a qualifié les rapports d’enquête de « fausses nouvelles », affirmant que Lindsey Halligan avait fait un « excellent travail ».

Interrogée par l’Associated Press sur cette volte-face de l’organe disciplinaire, la principale intéressée a adopté une posture offensive. En guise de réponse, Lindsey Halligan a formulé une unique exigence : « Où sont mes excuses ? ».

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire