États-Unis : l’agence fédérale valide un objet inédit à l’effigie de Donald Trump malgré l’interdiction légale

Aux États-Unis, le second mandat de Donald Trump se caractérise par une série d’initiatives visant à imprégner les institutions fédérales et l’espace public de sa marque personnelle. Jeudi, une agence gouvernementale a franchi une nouvelle étape en approuvant à l’unanimité la création d’un objet officiel portant le portrait du président en exercice, naviguant à la lisière des restrictions légales en vigueur.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la Commission américaine des Beaux-Arts, composée de membres nommés par l’administration actuelle, a validé les plans pour la frappe d’une pièce d’or commémorative à l’effigie de Donald Trump. La législation fédérale interdit formellement la représentation de présidents vivants sur la monnaie américaine. Toutefois, le projet contourne cette règle en classant l’objet comme un article commémoratif et non comme une monnaie de circulation.

Cette démarche s’accompagne d’un autre projet visant à placer le visage du président sur une pièce d’un dollar. L’initiative rencontre une forte opposition au sein de la classe politique. Le sénateur Jeff Merkley a déclaré à l’agence Reuters que « les monarques et les dictateurs mettent leur visage sur des pièces de monnaie, pas les dirigeants d’une démocratie ». De son côté, le Citizens Coinage Advisory Committee, un groupe d’experts bipartisans, s’était déjà opposé à la création de pièces sur le thème de Donald Trump. L’un de ses membres, Donald Scarinci, a néanmoins indiqué s’attendre à ce que la Commission poursuive son plan de frappe pour les deux pièces.

Sur le plan visuel, la pièce d’or présentera un pygargue à tête blanche sur une face. L’autre face affichera un portrait de Donald Trump, les deux poings appuyés sur une table, le regard fixe. Ce visuel est tiré d’une photographie en noir et blanc réalisée par Daniel Torok, exposée à la National Portrait Gallery de Washington. Chamberlain Harris, collaboratrice du président nommée à la commission des arts, a souligné qu’il s’agissait d’une image « très forte et très dure ». Elle a également précisé que l’objectif de l’administration était de produire la pièce dans le plus grand format possible, la Monnaie américaine pouvant fabriquer des pièces atteignant 7,6 centimètres de diamètre. Megan Sullivan, responsable du bureau de gestion de la conception à la Monnaie américaine, a confirmé que le secrétaire au Trésor avait présenté plusieurs modèles au président, qui a personnellement validé ce choix.

Ces modifications numismatiques s’inscrivent dans un remaniement plus large des symboles fédéraux à Washington. L’administration a apposé le nom de Donald Trump sur l’Institut des États-Unis pour la paix et sur le Kennedy Center for the Performing Arts, deux actions qui font actuellement l’objet de poursuites judiciaires. L’Institut pour la paix, créé par le Congrès comme un groupe de réflexion indépendant, a vu ses employés expulsés de force en mars dernier après une confrontation avec le département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE).

Sur le plan architectural, l’aile est de la Maison-Blanche a été démolie en octobre dernier pour permettre la construction d’une vaste salle de bal. Des projets sont également en cours pour l’édification d’un arc de triomphe dans la capitale, inspiré de celui de Paris, tandis que de longues bannières à l’effigie du président ont été déployées sur plusieurs bâtiments gouvernementaux. Lors de la réunion de jeudi, les responsables de l’administration ont justifié ces initiatives, y compris la pièce d’or, en les inscrivant dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis prévues en juillet prochain.

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