Équateur : appuyé par Donald Trump, le président Noboa lance l’armée contre un nouvel objectif stratégique

Face à l’escalade des violences, le gouvernement équatorien s’apprête à lancer une vaste offensive militaire avec le soutien logistique des États-Unis. Une opération qui marque un tournant tactique majeur pour l’administration du président Daniel Noboa, décidée à frapper le crime organisé sous un angle différent.

L’information a été confirmée par le ministre équatorien de l’Intérieur, John Reimberg. Lors d’une intervention radiophonique relayée par Al Jazeera, l’officiel a détaillé la nouvelle feuille de route des forces armées. Alors que la stratégie de l’année précédente consistait à traquer les chefs de réseaux, les autorités ont décidé de concentrer leurs frappes sur « l’économie criminelle ». Les exploitations minières illégales et les infrastructures de trafic de drogue constituent désormais les cibles prioritaires de cette offensive.

Pour garantir le bon déroulement des opérations, un couvre-feu strict entre en vigueur du 15 au 30 mars dans quatre provinces stratégiques : El Oro, Guayas, Santo Domingo de los Tsachilas et Los Rios. Les déplacements non justifiés y sont proscrits aux heures définies. Le ministre Reimberg a justifié cette mesure par la nécessité de libérer les axes routiers pour les mouvements de troupes et d’éviter les pertes civiles lors des assauts. « En résumé, nous allons détruire », a-t-il averti, soulignant que cette mobilisation sera d’une ampleur supérieure aux précédentes.

Cette offensive s’inscrit dans un cadre de coopération renforcée avec l’administration de Donald Trump. Les États-Unis ont confirmé le lancement d’opérations militaires conjointes, fournissant un appui direct en matière de renseignement et de logistique. Cet alignement sécuritaire se traduit également par des actes diplomatiques de la part de Daniel Noboa, qui a récemment expulsé des diplomates cubains et imposé des sanctions douanières à la Colombie, en écho aux pressions de Washington sur les dirigeants latino-américains.

Si la Constitution équatorienne interdit depuis 2008 l’installation de bases militaires étrangères sur son sol — un principe maintenu après l’échec d’un récent référendum —, la présence américaine prendra une autre forme. L’administration de Donald Trump a annoncé l’ouverture du premier bureau de terrain du FBI en Équateur. Cette implantation vise à endiguer une spirale meurtrière qui a fait 9 216 morts en 2025, soit une hausse de 30 % en un an, dans un pays devenu une zone d’exportation majeure entre la Colombie et le Pérou.

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