Entre déploiement naval et discussions diplomatiques, la décision radicale prise par Washington concernant les détenus de l’EI en Syrie

Dans un contexte régional marqué par une instabilité croissante, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu ce dimanche avec le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani. Si l’attention internationale reste focalisée sur les mouvements militaires dans le Golfe, cet échange diplomatique a mis en lumière une manœuvre logistique et sécuritaire d’envergure concernant le sort de milliers de combattants détenus.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, la discussion entre les deux hommes a principalement porté sur l’accélération du transfert de détenus liés à l’État islamique (EI) depuis la Syrie vers le territoire irakien. Le Département d’État américain a indiqué que Marco Rubio a salué « l’initiative et le leadership » du gouvernement irakien dans la gestion de ce dossier sensible. Cette collaboration intervient alors que l’armée américaine a confirmé, mercredi dernier, avoir déplacé un premier contingent de 150 détenus d’un centre de détention à Hassaké, en Syrie, vers un lieu sécurisé en Irak.

Cette opération ne constitue que la première phase d’un plan beaucoup plus vaste. L’armée américaine prévoit en effet de transférer jusqu’à 7 000 individus vers l’Irak. Ce mouvement logistique traduit un changement stratégique majeur dans la lutte menée par Washington contre l’EI. Historiquement appuyés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, les États-Unis semblent désormais privilégier un partenariat direct avec Bagdad et, de facto, une coordination accrue face à l’avancée de l’armée gouvernementale syrienne qui reprend le contrôle de territoires jadis tenus par les FDS.

Sur le plan politique, cet échange intervient à un moment charnière pour l’Irak, qui attend le retour probable de Nouri al-Maliki au poste de Premier ministre, plus de dix ans après son dernier mandat. Marco Rubio a profité de cet entretien pour mettre en garde Bagdad contre l’influence de son voisin perse. D’après le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, le chef de la diplomatie américaine a souligné qu’un gouvernement « contrôlé par l’Iran » ne pourrait ni prioriser les intérêts irakiens, ni maintenir l’Irak hors des conflits régionaux.

Cette activité diplomatique se double d’une pression militaire explicite. Le Président Donald Trump a annoncé jeudi qu’une « armada » de navires de guerre faisait route vers le Golfe, avec l’Iran comme point de mire. « Nous surveillons l’Iran. Nous avons une grande force qui se dirige vers l’Iran », a déclaré le président américain, rappelant les frappes effectuées en juin dernier sur trois sites nucléaires iraniens. Washington redoute particulièrement l’influence des groupes armés chiites pro-iraniens, qui avaient pourtant participé à la lutte contre l’EI, mais qui sont désormais perçus comme une menace pour la stabilité régionale.

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