L’équilibre politique en Irak, déjà fragile, se retrouve au cœur d’une nouvelle pression diplomatique venue de Washington. Alors que les tractations pour la formation du prochain gouvernement battent leur plein à Bagdad, une intervention directe de Donald Trump vient poser une ligne rouge explicite, liant l’avenir de l’aide américaine à l’identité précise du futur chef de l’exécutif irakien.
Donald Trump a formulé une menace claire : les États-Unis mettront fin à leur soutien à l’Irak si Nouri al-Maliki est réinvesti au poste de Premier ministre. Cette mise en garde, relayée par Al Jazeera, intervient peu après que le Cadre de coordination, le plus important bloc chiite du Parlement irakien, a désigné l’ancien dirigeant comme son candidat.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a justifié sa position en évoquant le précédent mandat de Nouri al-Maliki, entre 2006 et 2014. Il a décrit cette période comme marquée par « la pauvreté et un chaos total », insistant sur le fait qu’un tel scénario ne devait pas se reproduire. Selon ses termes, les « politiques et idéologies insensées » de l’homme politique de 75 ans entraîneraient, en cas d’élection, un arrêt de l’assistance américaine. Il a ajouté que sans cette aide, l’Irak n’aurait « aucune chance de succès, de prospérité ou de liberté ».
**Le levier financier et l’influence iranienne**
Cette sortie s’inscrit dans une campagne plus large visant à limiter l’influence des groupes liés à l’Iran en Irak. Nouri al-Maliki, chef de la coalition de l’État de droit, entretient des liens étroits avec Téhéran, adversaire historique de Washington. Son départ du pouvoir en 2014 avait coïncidé avec la prise de vastes territoires par l’EIIL (ISIS) et des tensions croissantes avec les États-Unis.
La menace américaine repose sur un levier économique puissant. Les recettes des exportations pétrolières irakiennes sont majoritairement détenues par la Réserve fédérale de New York, en vertu d’un accord établi après l’invasion de 2003. Des représentants américains ont par ailleurs indiqué, via une lettre, que si le choix du Premier ministre relève de la souveraineté irakienne, Washington prendra ses propres décisions souveraines concernant le prochain gouvernement en fonction des intérêts américains.