Le président français Emmanuel Macron a officialisé le retour à Paris de deux ressortissants français détenus en Iran depuis plus de trois ans. Si l’Élysée met en avant une issue obtenue grâce à la médiation d’Oman, cette libération s’inscrit en réalité dans un accord diplomatique plus complexe impliquant des actes précis de la part de la diplomatie française.
Arrêtés en 2022 sous des accusations d’espionnage au profit de la France et d’Israël — des charges systématiquement rejetées par Paris —, Cécile Kohler et Jacques Paris avaient quitté la prison d’Evin en novembre dernier pour être hébergés au sein de l’ambassade de France à Téhéran. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a mené des discussions ce week-end avec son homologue iranien, Abbas Araqchi, pour finaliser l’opération. L’annonce de leur retour a été accueillie par une ovation debout à l’Assemblée nationale française.
Toutefois, selon les éléments rapportés par la chaîne Al Jazeera, qui cite l’agence officielle iranienne IRNA, ce rapatriement repose sur une entente bilatérale. En échange du départ de ses deux ressortissants, la France s’est engagée à relâcher Mahdieh Esfandiari, une étudiante iranienne résidant à Lyon, interpellée l’année dernière pour des publications hostiles à Israël sur les réseaux sociaux. Le second volet de l’accord prévoit que Paris retire une plainte déposée contre l’Iran devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Ce dégel diplomatique entre Paris et Téhéran intervient alors que la France a publiquement critiqué la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. La semaine dernière, un porte-conteneurs du géant maritime français CMA CGM a été le premier navire commercial occidental à traverser le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique dont le trafic est quasi paralysé par Téhéran en riposte aux frappes israélo-américaines sur son territoire, provoquant une crise énergétique mondiale.
Face à l’obstruction de ce point de passage énergétique vital, le président américain Donald Trump a lancé un ultimatum direct. Il a menacé d’anéantir « une civilisation entière » si l’Iran ne parvient pas à un accord avec les États-Unis pour la réouverture du détroit d’ici mercredi à 00h00 GMT.