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Double mobilisation à l’Assemblée nationale pour le débat crucial sur la révision constitutionnelle

À Dakar, les abords de l’Assemblée nationale sont le théâtre, ce lundi, d’une double mobilisation. D’un côté, les partisans de Pastef, à l’origine de la proposition de loi portant révision de la Constitution, sont appelés à soutenir leurs députés. De l’autre, des organisations de la société civile, le Conseil national du laïcat et plusieurs plateformes citoyennes, alliées à la coalition Diomaye Président, réclament le retrait du texte ou, à défaut, un référendum. Les forces de sécurité sont déployées en nombre pour éviter tout débordement.

Cette journée est décisive. Les députés examinent la proposition de loi élaborée par le groupe parlementaire Pastef, visant à modifier plusieurs articles de la Loi fondamentale. Selon Xalima, le parti au pouvoir assure que la procédure se poursuivra « sereinement, sans pression ni intimidation », et juge que le texte respecte les prérogatives de l’Assemblée nationale. Mais l’opposition, emmenée par la coalition Diomaye Président, estime qu’une révision d’une telle ampleur ne peut être adoptée par le seul Parlement et doit être soumise au peuple.

Cette controverse n’est pas nouvelle. Dès son discours à la Nation du 31 décembre 2025, le président Bassirou Diomaye Faye avait annoncé des réformes institutionnelles majeures. Le 27 avril 2026, la Présidence rendait publics quatre avant-projets de lois sur la plateforme Jubbanti, dont celui sur la révision constitutionnelle. Depuis, les tensions n’ont cessé de monter, chaque camp multipliant les déclarations et les appels à la mobilisation.

Le week-end dernier, la coalition Diomaye Président tenait un grand meeting à Mbour, au stade Caroline Faye, où le président s’est adressé aux participants par vidéo pour appeler à la poursuite des réformes. Mais aujourd’hui, le débat se concentre sur la méthode : faut-il une adoption parlementaire ou un référendum ? Pour de nombreux opposants, comme le rappelle une analyse juridique, « une Constitution se révise, mais pas n’importe comment », et toute violation de la procédure pourrait entacher la légitimité de la révision.

Les enjeux sont élevés : au-delà du contenu de la réforme, c’est la légitimité du processus qui est en jeu. Sous le slogan « Touche pas à ma Constitution », plusieurs organisations politiques et citoyennes maintiennent leur appel à manifester. Un rassemblement est ainsi prévu aux abords de l’hémicycle, où les forces de sécurité sont déjà en place.

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