Le procès des 18 ressortissants sénégalais incarcérés au Maroc a été marqué par un vif incident d’audience. Les échanges entre la défense et le président de la Cour ont conduit à une impasse procédurale majeure lors des débats.
D’après les informations rapportées par IGFM, le climat s’est fortement tendu lors de la prise de parole de Me Kabou. L’avocat de la défense a ouvert sa plaidoirie en pointant du doigt les incohérences de l’accusation, déplorant des poursuites maintenues sans éléments tangibles devant la juridiction d’appel.
Au cours de son intervention, la défense a mis en exergue l’absence totale de vidéos et de photos pour étayer les charges, dénonçant le maintien d’accusations privées de tout fondement matériel. Cette remise en cause directe du dossier a heurté le président de la Cour, qui a sommé la robe noire de retirer ses propos. Face au refus catégorique de l’avocat, le magistrat a alors invoqué la législation marocaine, exigeant que les plaidoiries soient exclusivement tenues en langue arabe.
Interprétant cette exigence linguistique comme un changement des règles en cours d’audience, Me Kabou a immédiatement répliqué en demandant que l’incident soit consigné au plumitif. En conséquence, l’avocat a signifié à la Cour que ses 18 clients sénégalais ne répondraient plus à aucune question, affirmant publiquement que les conditions d’un procès équitable n’étaient plus réunies.
Il n’y a pas besoin de procès. C’est purement et simplement une prise d’otage.