Les éléments du commissariat d’arrondissement de Diamaguène Sicap-Mbao ont mis fin aux agissements d’un individu accusé d’avoir orchestré une extorsion complexe visant deux femmes d’une même famille. L’enquête, déclenchée par une plainte déposée le 9 février dernier, a permis de déconstruire un mécanisme de chantage reposant sur l’usage de substances suspectes et une double identité numérique.
L’affaire débute par une démarche spirituelle classique. Confrontée aux difficultés conjugales de sa fille K. Cissokho, la dame N. Diakhaté sollicite les services de I. Sow, plus connu sous le surnom de « Iso », un homme réputé pour ses prières. C’est dans ce contexte de vulnérabilité qu’un troisième protagoniste entre en scène : un certain « Lamine ». Ce dernier, contactant les victimes par téléphone, vante les capacités du marabout et leur fait parvenir un colis contenant une potion censée résoudre les problèmes du couple.
Selon les éléments rapportés par nos confrères de Kawtef, l’utilisation de cette substance marque le basculement du dossier. Après avoir consommé le liquide sur instruction téléphonique, la mère et la fille auraient perdu leur lucidité. Profitant de cet état second, leur interlocuteur les a amenées à adopter des positions compromettantes lors d’appels vidéo. Ces images, capturées à leur insu, sont immédiatement devenues un levier de chantage. Durant quatre mois, les deux femmes ont subi une pression constante, versant un total estimé à 400 000 FCFA pour empêcher la diffusion de ces contenus intimes.
Le piège s’est refermé sur l’auteur présumé lorsque les exigences financières ont laissé place à une demande d’une autre nature. Le 9 février 2026, l’extorqueur a imposé un ultimatum à la mère de famille : verser une nouvelle somme de 300 000 FCFA ou accepter d’avoir des rapports sexuels avec le marabout I. Sow. C’est cette condition spécifique qui a poussé la victime à saisir le commissaire Cheikh Tidiane Diallo.
L’intervention des policiers a permis de localiser rapidement le suspect à Wakhinane. I. Sow, né en 1986 et se présentant officiellement comme tailleur, a été interpellé alors qu’il tentait de prendre la fuite. La perquisition de son domicile a permis la saisie de quatre tests de grossesse négatifs, de divers talismans et d’un sachet contenant une substance similaire à la potion fournie aux victimes.
L’exploitation technique du téléphone du mis en cause a livré la clé de l’énigme. Si l’application Wave et certaines images avaient été effacées, l’historique des appels WhatsApp a survécu au nettoyage numérique. Ces données ont permis aux enquêteurs d’établir formellement que le marabout « Iso » et le mystérieux « Lamine » n’étaient qu’une seule et même personne, utilisant le numéro commençant par 75 pour manipuler ses victimes sous une fausse identité. Au terme de sa garde à vue, I. Sow a été déféré devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye.