Détroit d’Ormuz : Londres prépare le déploiement d’une technologie navale autonome pour rouvrir le passage

La tension persistante au Moyen-Orient continue d’affecter l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde. Alors que le trafic commercial subit des perturbations majeures depuis le début du mois de mars, de nouvelles initiatives militaires se dessinent pour tenter de rétablir la libre circulation des navires dans la région.

Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, la Grande-Bretagne prépare le déploiement du RFA Lyme Bay, un navire d’évacuation et de débarquement amphibie de la Marine royale. Actuellement en maintenance de routine à Gibraltar, ce bâtiment de 580 pieds doit être équipé de systèmes autonomes de déminage. Le dispositif inclut des drones sous-marins et des navires chasseurs de mines, transformant le RFA Lyme Bay en navire mère pour le balayage des fonds marins.

Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a autorisé ces plans de contingence pour soutenir les opérations dans le détroit d’Ormuz. Une source de la Défense précise qu’aucune décision finale n’est encore arrêtée concernant ce déploiement, mais que cette mesure préventive vise à offrir des options pour rétablir le flux normal du trafic marchand. Des drones du Royal Navy Mine and Threat Exploitation Group, déjà positionnés dans la région, pourraient également être mobilisés pour appuyer ce navire, qui a la capacité d’embarquer jusqu’à 500 soldats et dispose de systèmes médicaux et d’armement à bord.

Cette planification britannique intervient dans un climat de forte pression diplomatique. Récemment, Donald Trump a exprimé son insatisfaction face à la réponse de Londres, déclarant que la Grande-Bretagne devrait s’impliquer activement dans les efforts visant à rouvrir le détroit. En parallèle, la présence militaire américaine se renforce : le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé l’arrivée, le 27 mars, du navire d’assaut amphibie USS Tripoli et de ses forces expéditionnaires dans sa zone de responsabilité.

Le blocage effectif du détroit d’Ormuz, par où transitent habituellement 20 millions de barils de pétrole par jour, découle de l’escalade militaire déclenchée le 28 février. L’offensive aérienne menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a fait plus de 1 340 morts, dont l’ancien guide suprême Ali Khamenei. En riposte, Téhéran a multiplié les frappes de drones et de missiles contre Israël ainsi que vers la Jordanie, l’Irak et les pays du Golfe abritant des forces américaines, tout en instaurant des conditions strictes pour le passage des navires. Cette perturbation continue de peser sur les marchés mondiaux, provoquant une hausse des coûts d’acheminement et poussant les prix du pétrole à la hausse.

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