La diplomatie sud-coréenne a adopté une position de réserve, mardi, face aux interrogations de ses parlementaires concernant la situation au Moyen-Orient. Au cœur des débats : la constitution d’une coalition maritime internationale voulue par les États-Unis pour sécuriser le détroit d’Ormuz, une voie stratégique actuellement au centre des tensions mondiales.
Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a évité de confirmer ou d’infirmer formellement une demande de Washington visant à envoyer des navires de guerre dans la région. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, s’appuyant sur l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, le chef de la diplomatie a fourni des réponses évasives quant à un éventuel déploiement de troupes en soutien aux opérations américaines contre l’Iran. Interrogé sur la nature des échanges avec l’administration américaine, il a déclaré : « Cela peut être considéré comme une demande ou non ». Il a ensuite ajouté qu’il lui était difficile, à ce stade, de commenter l’existence même de discussions sur un déploiement militaire.
Cette prudence gouvernementale fait suite aux récentes déclarations de Donald Trump. Dimanche, le président américain a publiquement sollicité plusieurs puissances mondiales, dont la Chine, la France, le Japon, le Royaume-Uni et la Corée du Sud. Il les a invitées à rejoindre un « effort collectif » pour garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Lundi, Donald Trump a affirmé que de nombreux pays se préparaient à prêter main-forte aux États-Unis, sans toutefois préciser lesquels, évoquant des risques de représailles. Il a également rappelé que la dépendance américaine au pétrole transitant par ce détroit est inférieure à 1 %, contrairement à l’Europe ou à des pays asiatiques comme le Japon, la Chine et la Corée du Sud, fortement tributaires de cet axe maritime.
La situation sécuritaire dans le détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement énergétique mondial depuis l’annonce de sa fermeture à la majorité des navires par le Corps des gardiens de la révolution islamique. Cette décision iranienne intervient dans un contexte de forte escalade, marquée par des attaques américano-israéliennes contre l’Iran ayant débuté le 28 février dernier.