Le débat sur l’autonomie stratégique de l’Europe suscite des mises au point à Berlin. Alors que les discussions sur l’avenir des relations transatlantiques s’intensifient, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a publiquement défini les contours de la souveraineté européenne vis-à-vis des États-Unis.
Intervenant vendredi sur la chaîne publique ZDF, le chef de la diplomatie allemande a tenu à clarifier la position de son pays. Selon l’agence Anadolu, Johann Wadephul a souligné que si l’Europe doit intensifier ses efforts pour accroître son indépendance, cette démarche ne doit en aucun cas se traduire par une rupture avec Washington. « Ce serait une séparation que personne ne souhaite et qui est en outre inutile », a-t-il précisé, rejetant l’idée d’un choix binaire entre le continent européen et son allié américain.
Pour justifier la nécessité de maintenir cette alliance, le ministre a mis en évidence le rôle central des États-Unis au sein de l’OTAN et l’incapacité actuelle du continent à assurer seul sa sécurité. Il a ainsi énuméré les lacunes européennes en matière de capacités de défense, précisant que sans les États-Unis, l’Europe ne disposerait pas des ressources nécessaires « ni sur le plan nucléaire, ni conventionnel, ni en matière de renseignement ». Des réalités qu’il convient, selon lui, d’aborder « avec sobriété ».
Cette prise de parole intervient dans un contexte politique précis, marqué par les récentes déclarations du chancelier Friedrich Merz lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Ce dernier avait plaidé pour un renouveau de la relation transatlantique s’appuyant sur un pilier européen fort et largement autonome. Friedrich Merz a également alerté sur l’évolution de la politique américaine, observant un éloignement d’un ordre international fondé sur des règles au profit d’une approche guidée par la puissance et les intérêts nationaux, ce qui justifie selon lui une affirmation accrue de l’Europe sur la scène internationale.