Le Gouvernement a réagi officiellement au décès de la cantatrice Adja Khar Mbaye Madiaga. Dans un communiqué, le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, au nom de l’État, a rendu hommage à « un monument de la musique sénégalaise » et présenté les condoléances de la Nation à la famille de l’artiste et au monde culturel.
Dans un communiqué, le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, au nom du Président de la République, du Gouvernement et du peuple sénégalais, a salué la mémoire de la cantatrice Adja Khar Mbaye Madiaga, soulignant qu’elle était « un monument de la musique sénégalaise, une mémoire vivante de notre patrimoine et une gardienne du temple de la culture léboue ».
Le communiqué rappelle que l’artiste fut « une figure emblématique de l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano », dont « la voix grave et imposante a marqué des décennies d’histoire culturelle ». Les autorités estiment que « son art d’une profondeur rare restera une source d’inspiration inépuisable pour les générations présentes et futures ».
En cette douloureuse circonstance, le Ministre a présenté « les condoléances les plus émues de l’État à sa famille, à ses proches, au monde de la culture et à toute la Nation », concluant par ce message : « Que la terre de Rufisque, qui l’a vue naître et qu’elle a tant chérie, lui soit légère ».
Nos sincères condoléances. Une grande dame. Elle chantait bien, avait beaucoup de classe.
Il est profondément regrettable de constater que l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, tout comme son Premier ministre, Ousmane Sonko, restent silencieux face à la disparition de nombreuses figures marquantes de notre pays.
Le décès de Khar Mbaye Madiaga, icône de la musique sénégalaise et patrimoine vivant de notre culture, en est une illustration frappante. De par son parcours, son engagement et sa portée symbolique, le président Diomaye aurait dû être parmi les premiers à lui rendre hommage. Ni lui, ni son Premier ministre ne l’ont fait. C’est regrettable.
Ce silence n’est malheureusement pas un cas isolé. La même attitude a été observée lors du décès de Dial Mbaye et d’autres personnalités qui ont pourtant marqué l’histoire culturelle, intellectuelle et sociale du Sénégal.
À ce stade, force est de reconnaître que l’ancien président Macky Sall se montre bien plus constant et humain dans ces moments. Il rend régulièrement hommage, félicite, encourage et reconnaît les mérites des Sénégalais, même en dehors de tout calcul politique.
À titre d’exemple, il y a à peine deux semaines, Macky Sall, et lui seul, a publiquement félicité le Pr Souleymane Bachir Diagne, lauréat du Prix Paris-Liège 2025, saluant une œuvre qui honore la pensée africaine et rappelle l’importance d’un humanisme ouvert et du dialogue entre les cultures. Là encore, aucune réaction officielle du président en exercice ni de son Premier ministre.
Un président n’est pas seulement un gestionnaire ou un chef d’institutions : il est aussi le garant de la mémoire collective, le symbole de la reconnaissance nationale. Rendre hommage ou féliciter une œuvre n’est pas de la politique politicienne ; c’est affirmer nos valeurs, notre humanité et notre identité.
À l’ère du numérique, cela ne demande pourtant pas grand-chose : un simple message sur Twitter/X, Facebook ou d’autres plateformes officielles. Le service de communication de la Présidence a un rôle essentiel à jouer.
C’est aussi cela, le Sénégal : reconnaître celles et ceux qui ont contribué à son rayonnement, qu’ils soient artistes, intellectuels ou citoyens engagés.
Ce manque de sensibilité est décevant. Gouverner, c’est aussi savoir dire merci, saluer une œuvre, honorer une mémoire. Sur ce terrain, l’actuel pouvoir doit clairement faire mieux.
Paix à son àme qu Allah l accueil au Paradis Al Firdaws