Décès de Halima Gadji : « Accuser la société sénégalaise est une exagération dangereuse » (Par Mame Mor Ndiaye )

Il est devenu courant de voir certains Sénégalais formuler des accusations, parfois même des insultes, à l’encontre de l’homo senegalensis en particulier, et de la société sénégalaise en général. Cette tendance à la diabolisation de notre propre société s’exprime avec encore plus de vigueur lors des périodes de malheur ou de deuil national.

La disparition brutale de la talentueuse et très appréciée actrice Halima Gadji a, une fois de plus, servi de prétexte à une vague de critiques acerbes. Pour beaucoup, la société sénégalaise serait une « société d’hypocrites », animée par une méchanceté intrinsèque, où les citoyens s’entre-déchirent dans ce que certains appellent le « Yakaneté ». À lire certaines publications, on a parfois l’impression d’évoluer dans une société hobbesienne où chacun cherche à nuire à son semblable.

Il convient pourtant de faire preuve de mesure. La quête effrénée de visibilité et de buzz pousse certains à jeter l’opprobre sur l’ensemble de la société, en généralisant des comportements pourtant marginaux. Certes, des attitudes condamnables existent et doivent être dénoncées, mais elles ne sauraient être élevées au rang de norme sociale ni servir à définir l’identité collective des Sénégalais.

Je demeure convaincu que la méchanceté n’est pas une caractéristique fondamentale de l’homo senegalensis. Sans minimiser les dérives observées — souvent amplifiées par les réseaux sociaux, qui favorisent l’anonymat et la déresponsabilisation — il est essentiel de rappeler que ces comportements vont à l’encontre des valeurs profondément ancrées dans la société sénégalaise.

Gardons donc la tête froide et le sens de la mesure. Accuser la société sénégalaise d’avoir contribué, de près ou de loin, à la mort de ses propres enfants relève d’une exagération dangereuse. Nos disparus n’ont pas besoin de controverses ni de procès sociaux. Ils méritent le respect, le recueillement et les prières.

Prions donc pour le repos de l’âme de notre bien-aimée Halima Gadji.

Mame Mor NDIAYE, professeur de philosophie au lycée de Ndiawdoune (Saint-Louis)

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

7 commentaires

  1. Trop de méchanceté de certains sénégalais. Les réseaux sociaux ont donné la parole à des tapettes, des ignorants, des irrespirables des gens ou si c’était en face, il aurait ouvert les bouches puant

  2. Repose en paix ma soeur Alima ,
    Professeur la société tue et continuara à tuer si les gens ne font pas face à ces harcèlements.
    Vous connaissez pas le PTSD ( post traumatic syndrome dysorder ), on l’avait mis en diagnostic pour ceux qui venaient d’une guerre, mais maintenant on l’a étendu pour tous ceux qui ont subi des traumatismes soit à leur enfance ou dans leur vie d’une maniere generale et les medecins sont en train d’y apporter des traitements.
    There is too much boolyings in senegal towards famous peoples.

  3. Merci professeur. La vérité est dite. Je n’ai jamais compris pourquoi cette dame a tout le temps voulu accuser la société sénégalaise qui s’étend du Nord au Sud d’Est en Ouest pour l’accuser aussi facilement et radicalement. Les problèmes à Dakar ne sont pas les mêmes en Casamance, au Fouta ou ailleurs ! Pourquoi s’acharner sur la société sénégalaise ? Mais la société sénégalaise; c’est tout le monde ! Son père, sa mère ses frères et soeurs ! Qui est alors hypocrite ? Tout le monde et personne !

  4. Bien dit doyen c’est vrai que souvent les gens lance des propos qui peuvent détruire mais aller jusqu’à accuser toute une société c’est une exagération hors pair et souvent les jeunes se lance dans des débats qui dépasse leurs niveaux au point de ce faire condamné par des gens qui devait les conseillers mais en aucun cas l’intention de nuire ne s’y trouve la preuve aujourd’hui c’est tout cette société qui pleure leur actrice leur sœur donc les réseaux ne sont en aucune cas la référence de notre réalité sociétale

Laisser un commentaire