Cuba : l’ONU dénonce une « famine énergétique » pendant que Washington frappe GAESA

Alors que des experts de l’ONU dénoncent une forme de « famine énergétique » imposée à Cuba, Washington a annoncé jeudi une nouvelle série de sanctions visant l’île, dans un face-à-face qui s’est encore durci ces derniers mois.

Les mesures américaines ciblent Grupo de Administracion Empresarial SA (GAESA), un conglomérat contrôlé par l’armée cubaine et lié à presque tous les segments de l’économie du pays. Elles visent aussi Ania Guillermina Lastres Morera, présidente exécutive de GAESA et de Moa Nickel SA (MNSA), une coentreprise entre Sherritt International Corp, basée à Toronto, et l’entreprise publique cubaine du nickel.

Quelques heures plus tôt, trois rapporteurs spéciaux des Nations unies avaient condamné ce qu’ils qualifient de « blocus illégal », une situation qu’Al Jazeera rapporte comme aggravée par l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien vers Cuba et par un dispositif américain ouvrant la voie à des sanctions contre tout pays livrant du carburant à l’île.

Des réactions opposées entre Washington, l’ONU et les entreprises visées

Dans un message publié sur X, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que ces sanctions « démontrent que l’administration Trump ne restera pas les bras croisés pendant que le régime communiste cubain menace notre sécurité nationale dans notre hémisphère ». Il a ajouté : « Nous continuerons à agir jusqu’à ce que le régime entreprenne toutes les réformes politiques et économiques nécessaires. »

Le gouvernement cubain n’avait pas réagi immédiatement à cette nouvelle salve de sanctions, mais il avait condamné plus tôt dans la semaine un précédent train de mesures, les qualifiant de « mesures coercitives unilatérales » et de « punition collective contre le peuple cubain ».

De son côté, Sherritt a indiqué jeudi, dans un communiqué publié sur son site, qu’elle suspendait sa participation directe aux activités de la coentreprise à Cuba après l’annonce des sanctions. Les experts de l’ONU ont, eux, estimé que cette « famine énergétique » est incompatible avec les normes internationales relatives aux droits humains.

Ils ont expliqué que le manque de carburant perturbait non seulement la vie quotidienne, mais compromettait aussi l’accès à des services essentiels. Ils ont cité des informations faisant état de difficultés pour se rendre à l’hôpital ou pour permettre aux enfants d’aller à l’école, tandis que le système de santé ferait face à un retard de plus de 96 000 opérations, dont 11 000 concernant des enfants.

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