BAGDAD – Face à l’escalade des tensions géopolitiques dans le Golfe, l’Irak a pris une mesure radicale en ordonnant la suspension complète de la production de son plus grand champ pétrolier, Rumaila. Cette décision, annoncée par le ministère du Pétrole, est la conséquence directe de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui paralyse de fait le transport maritime dans cette artère vitale pour le commerce mondial de l’énergie.
Dans une communication officielle adressée à l’administration du champ situé dans la province de Bassora, le ministère justifie sa décision par « les événements politiques internationaux et les évolutions extrêmement dangereuses récentes ». Le blocage du détroit a provoqué une désertion des pétroliers, qui refusent désormais de s’aventurer dans les eaux du Golfe, créant une pénurie logistique pour les exportateurs de la région.
Pour l’Irak, les conséquences sont immédiates et sévères : une chute drastique des exportations, l’arrêt des opérations de chargement dans plusieurs terminaux portuaires du sud et, plus critique encore, la saturation des capacités de stockage de pétrole brut. Les réservoirs ayant atteint leur limite, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de couper la source.
La directive ministérielle est sans appel, exigeant « une réduction de 100 % de la production et du pompage au champ de Rumaila Sud ».
Cette mise à l’arrêt est un coup dur pour l’économie irakienne. Le champ de Rumaila, véritable pilier de son industrie pétrolière, assure à lui seul près d’un tiers de la production nationale, avec une capacité d’environ 1,5 million de barils par jour. Sa fermeture envoie un signal fort sur l’impact tangible de la crise régionale sur la stabilité des marchés énergétiques mondiaux.