Alors que les examens nationaux débutent le 17 juin avec le Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE), la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) a tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité de préserver un climat apaisé. Dans un communiqué publié ce jeudi 11 juin, l’organisation revient sur une année scolaire contrastée, marquée par un démarrage stable mais un déroulement tumultueux, ponctué par 150 heures de grève.
Malgré les tensions, la COSYDEP salue la signature d’un premier protocole d’accord entre l’État et les syndicats d’enseignants, y voyant la preuve que le dialogue reste l’outil privilégié. Cependant, l’organisation insiste sur l’urgence d’offrir des conditions optimales aux candidats, alors que les épreuves se déroulent dans un contexte particulier : la Coupe du monde de football, la Journée de l’enfant africain et l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) en 2030.
Des défis structurels persistants
Au-delà de la réussite des examens, la COSYDEP pointe trois défis majeurs. Le premier concerne l’impact des tensions sociopolitiques sur les apprentissages, estimant que le cycle électoral permanent perturbe l’équilibre psychologique des élèves. Le deuxième défi porte sur l’efficacité du système : selon le Rapport d’État du système éducatif national (RESEN 2012-2022), les taux de réussite au baccalauréat sont passés de 51,54 % en 2023 à 47,72 % en 2025, avec des fluctuations similaires pour le BFEM et le CFEE.
Enfin, la coalition plaide pour une refondation méthodique du secteur, s’appuyant sur les expériences des États généraux de l’éducation et de la formation (EGEF) et des Assises nationales de l’éducation et de la formation (ANEF). « L’enjeu principal est de construire un consensus national en faveur de politiques éducatives qui traversent les régimes politiques », souligne le communiqué de la COSYDEP, cité par lesoleil.
Ces appels interviennent dans un contexte où près de 1,5 million d’enfants sont encore hors du système scolaire, tandis que le taux de préscolarisation plafonne à 25,2 % et que le taux de scolarisation à l’élémentaire a reculé de 85,9 % en 2020 à 82,2 % en 2024. Face à cette situation, le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la stabilité du climat social et le bon déroulement des examens, appelant à un sursaut républicain et patriotique. Par ailleurs, un panel multi-acteurs piloté par la COSYDEP a réuni syndicats, élèves et gouvernement à Dakar pour analyser les causes des perturbations et garantir le bon déroulement de l’année scolaire.
