L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) demande davantage de transparence sur les résultats de la coopération migratoire entre le Sénégal et l’Espagne. Dans un communiqué publié le 9 novembre 2026, l’organisation annonce son intention de saisir l’Assemblée nationale pour solliciter l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la gouvernance migratoire sénégalaise depuis 2006.
Réagissant à la visite à Dakar, le 6 novembre, du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, l’ADHA estime que la relance de la coopération migratoire entre les deux pays doit être accompagnée d’une évaluation des engagements et des résultats obtenus.
L’organisation rappelle que les moyens mobilisés sont importants, citant notamment les 500 000 euros annoncés pour la Marine nationale, la formation de 40 agents espagnols et de plus de 300 policiers et gendarmes sénégalais. Pourtant, les arrivées aux îles Canaries ont atteint 6 194 personnes en octobre 2026. À l’échelle espagnole, 32 942 arrivées irrégulières étaient enregistrées au 31 octobre, soit une hausse de 8,9 % sur un an.
L’ADHA prend également acte des résultats annoncés par le CI-LMI et les BAOS, notamment 6 662 personnes interpellées, 63 embarcations arraisonnées, 2 957 personnes accompagnées et 447 candidats sélectionnés pour des emplois saisonniers en Espagne au premier semestre 2025. Toutefois, elle s’interroge sur le nombre de bénéficiaires ayant effectivement accédé à un emploi et sur la viabilité des projets financés.
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Pour l’organisation, « la sélection n’est pas le recrutement ; la formation n’est pas l’emploi ; le financement n’est pas la réinsertion ». Elle réclame ainsi un bilan public de l’exécution financière et opérationnelle des engagements pris en 2024, dont les objectifs de 101 recrutements saisonniers en 2024 et de 500 en 2025, ainsi que les 30 millions d’euros annoncés.
L’ADHA estime que la gouvernance migratoire doit dépasser le seul contrôle des frontières pour s’attaquer au chômage, à la précarité et au manque de perspectives, tout en garantissant les droits et la dignité des migrants.
Elle annonce, dans les prochains jours, une saisine de l’Assemblée nationale afin de demander l’ouverture d’une enquête parlementaire portant sur les accords, les financements, les stratégies nationales, le fonctionnement du CI-LMI et des BAOS, ainsi que l’impact réel des politiques conduites depuis 2006.
« Pas de nouveaux engagements sans bilan des précédents. Pas de coopération durable sans redevabilité », conclut l’organisation dirigée par M. Adama Mbengue.



