Face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire en République islamique d’Iran, la diplomatie française hausse le ton. Alors que les témoignages faisant état de violences étatiques se multiplient, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défini la ligne de conduite que Paris entend défendre auprès de ses partenaires européens pour contraindre Téhéran.
Le chef de la diplomatie française a dressé un tableau sombre de la situation sur place. S’appuyant sur des images et des récits en provenance du terrain, Jean-Noël Barrot a évoqué des bilans faisant état de « milliers de morts et de blessés » ainsi que de « dizaines de milliers d’arrestations arbitraires ». Qualifiant cette répression d’« intolérable, insupportable et inhumaine », il a insisté sur l’absence totale d’impunité pour les auteurs de ces actes.
**Un train de mesures restrictives attendu à Bruxelles**
Cette condamnation verbale doit se traduire par des actes concrets dès ce lundi. Selon les précisions apportées par l’agence Anadolu, Jean-Noël Barrot a annoncé qu’une série de sanctions serait adoptée à Bruxelles en concertation avec les partenaires européens de la France. Ces mesures visent directement les responsables identifiés des exactions.
Le dispositif coercitif prévu comprend notamment l’interdiction d’accès au territoire européen pour les individus ciblés, ainsi que le gel de leurs actifs financiers. L’objectif affiché est de frapper les décideurs au portefeuille et de limiter leur liberté de mouvement à l’international.
**Vers une nouvelle classification des Gardiens de la Révolution**
Au-delà des sanctions individuelles, Paris soutient une mesure de portée plus systémique. La France s’est positionnée en faveur de l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes. Cette décision, si elle est entérinée par l’UE, marquerait un durcissement significatif des relations diplomatiques avec Téhéran.
Dans sa déclaration, le ministre a également formulé plusieurs exigences immédiates à l’adresse des autorités iraniennes. Il a réclamé la libération des prisonniers, l’arrêt des exécutions et la levée du blocus numérique qui entrave la circulation de l’information. Jean-Noël Barrot a enfin plaidé pour que la mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies puisse accéder au territoire afin d’enquêter de manière indépendante sur les crimes commis.