Dans le département d’Oussouye, la commune de Mlomp vit au rythme du Kamanghèn depuis dimanche. Cette célébration annuelle, qui marque la fin des récoltes, dépasse le simple cadre festif pour s’imposer comme un baromètre de la cohésion sociale et spirituelle en pays diola. Au-delà des réjouissances, cette édition a servi de tribune pour formuler une demande précise à l’endroit de l’État concernant l’avenir de ce patrimoine.
Le Kamanghèn ne répond à aucune date fixe du calendrier grégorien. Selon Honoré Manga, membre de la cour royale, le top départ est donné par des initiés qui observent les signes de la nature. La règle est immuable : la fête ne commence que lorsque le dernier germe de riz a été rentré. C’est un moment d’action de grâce, où la communauté remercie le divin et les ancêtres pour les récoltes, qu’elles soient abondantes ou non.
Le maire de Mlomp, Idrissa Senghor, insiste sur la dimension solidaire de l’événement. Il s’agit d’un temps fort de partage et d’aumône, renforçant les liens entre les résidents et la diaspora de la commune. L’un des aspects les plus marquants de cette tradition réside dans la présentation officielle des nouveaux mariés. Tous les couples unis au cours de l’année sont célébrés collectivement, formant ainsi une « génération » solidaire, un lien social qu’ils entretiendront toute leur vie.
Sur le plan économique, les autorités locales, dont le maire, profitent de cette vitrine pour souligner les potentialités foncières de la zone. L’objectif affiché est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire régionale, moyennant un accompagnement accru du secteur agricole.
La présence du préfet d’Oussouye, Maurice Dione, a permis aux responsables traditionnels de porter une doléance majeure. Considérant le Kamanghèn comme le « Magal du Kassa », les dignitaires, relayés par notre confrère Emedia, appellent l’État à institutionnaliser cet événement. Ils souhaitent une reconnaissance nationale comparable à celle des grandes célébrations religieuses et culturelles du Sénégal, afin de garantir la préservation et le rayonnement de ce patrimoine immatériel.





