Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies vient d’adopter une position ferme contre Téhéran. Réunis à Genève ce vendredi, les États membres ont voté une résolution condamnant les violences commises par les forces de sécurité iraniennes, dans un contexte de tensions diplomatiques extrêmes. Alors que les bilans humains font l’objet d’une bataille de chiffres, les autorités iraniennes ont immédiatement répliqué en adressant un avertissement militaire direct à Washington, transformant une session diplomatique en nouvelle escalade géopolitique.
La résolution, adoptée après de longs débats, marque un isolement diplomatique croissant pour la République islamique, malgré le soutien de quelques puissances régionales. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le texte a été validé par 25 voix, incluant celles de la France, du Japon et de la Corée du Sud. L’opposition de sept pays, dont la Chine, l’Inde et le Pakistan, ainsi que les 14 abstentions — parmi lesquelles figurent l’Afrique du Sud et le Qatar — n’ont pas suffi à bloquer la mesure de censure.
Le Conseil exige l’arrêt immédiat des arrestations liées aux manifestations et demande des mesures concrètes contre les exécutions extrajudiciaires et les violences sexuelles. Une position rejetée en bloc par Téhéran, qui accuse les promoteurs occidentaux du texte d’hypocrisie, citant l’impact dévastateur des sanctions économiques sur sa population.
Une guerre des chiffres et des accusations d’« extermination »
Au cœur des débats se trouve l’ampleur réelle de la répression. Ali Bahreini, l’envoyé iranien, a reconnu la mort de 3 117 personnes, attribuant la majorité de ces décès à des « terroristes » soutenus par les États-Unis et Israël. Une version contredite par les organismes indépendants. L’agence HRANA, basée aux États-Unis, confirme au moins 5 137 morts, tandis que Mai Sato, rapporteuse spéciale de l’ONU, évoque des rapports médicaux suggérant un bilan pouvant dépasser les 20 000 victimes.
La situation est jugée d’autant plus critique que le recours à la peine capitale s’intensifie. Volker Turk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a révélé que l’État iranien a exécuté au moins 1 500 personnes en 2025, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente. Payam Akhavan, ancien procureur de l’ONU, a qualifié ces événements de « pire massacre de l’histoire contemporaine de l’Iran », dressant un parallèle direct avec le génocide de Srebrenica en 1995, où 8 000 Bosniaques avaient péri. « Au moins deux fois ce nombre a été tué en Iran en deux fois moins de temps. C’était une extermination », a-t-il déclaré devant le Conseil.
Menaces militaires directes envers l’administration Trump
Cette condamnation diplomatique intervient alors que le spectre d’un conflit ouvert plane sur la région. Le président américain Donald Trump a réitéré ses menaces d’intervention si les violences contre les manifestants perduraient. En réponse, le Pentagone a ordonné le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son groupe aéronaval vers le Moyen-Orient, renforçant un dispositif qui comprend déjà des avions de combat supplémentaires.
Face à ce déploiement, la rhétorique de Téhéran s’est durcie. Majid Mousavi, nouveau chef de l’aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a averti sur la télévision d’État que l’Iran répondrait à Trump « sur le champ de bataille ». De son côté, Mohammad Movahedi, procureur général, a qualifié les appels de Washington à la fin du règne de l’Ayatollah Khamenei de « déclaration de guerre totale », menaçant d’exposer les intérêts américains dans le monde à des représailles.
Sur le terrain, le black-out numérique persiste. L’observatoire Netblocks confirme que l’accès à l’internet international reste bloqué, limitant la diffusion des images documentant l’utilisation de munitions réelles et de mitrailleuses lourdes contre les manifestants, des pratiques attestées par Amnesty International mais qualifiées de légitime défense contre des « émeutiers » par le pouvoir iranien.
Que dit le conseil des droits de l’homme sur ce que Donald Trump fait faire illégalement sur les immigrés aux USA