Le Conseil de sécurité des Nations Unies a brisé le silence ce vendredi, suite à l’attentat-suicide perpétré le 6 février contre une mosquée chiite à Islamabad. Dans une déclaration officielle relayée par l’agence Anadolu, l’instance onusienne a condamné « dans les termes les plus fermes » cette attaque qui a coûté la vie à au moins 32 personnes.
Qualifiant l’acte d’« odieux et lâche », les membres du Conseil ont adressé leurs condoléances aux familles des victimes tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Au-delà de l’émotion, l’ONU a rappelé une position de principe : le terrorisme, « sous toutes ses formes et manifestations », demeure l’une des menaces les plus sérieuses pour la paix et la sécurité internationales.
L’instance a insisté sur l’urgence de traduire en justice non seulement les exécutants, mais aussi les organisateurs et les soutiens financiers de cette opération, exhortant tous les États membres à coopérer activement avec les autorités pakistanaises.
Sur le terrain, le bilan reste lourd. L’explosion, qui a visé la mosquée Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra, a fait 169 blessés selon les derniers chiffres des autorités locales. Il s’agit du deuxième incident sécuritaire majeur à frapper la capitale pakistanaise en moins de trois mois, plongeant la ville dans un état d’alerte renforcé.
L’enquête a toutefois pris une tournure diplomatique immédiate. Islamabad a annoncé l’arrestation de quatre facilitateurs présumés, mais c’est la sortie du ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, qui cristallise les tensions. Ce dernier a formellement accusé des organisations opérant depuis l’Afghanistan d’être à la manœuvre, affirmant par ailleurs que ces groupes bénéficieraient d’un soutien financier indien. Des allégations immédiatement rejetées par Kaboul et New Delhi.