La gestion du maintien de l’ordre en France franchit les frontières nationales pour atterrir sur la table des institutions internationales. Suite aux mouvements sociaux qui ont secoué le secteur agricole en ce début d’année, des experts indépendants mandatés par l’ONU ont adressé une communication officielle aux autorités françaises. Au cœur de cette démarche diplomatique se trouve la réponse policière apportée aux revendications syndicales exprimées à Paris.
Selon les informations relayées par Anadolu, ces experts des Nations unies ont fait part, ce lundi, de leur « vive inquiétude » face à la multiplication des arrestations et des poursuites judiciaires ciblant le monde paysan. Le communiqué pointe spécifiquement une « tendance manifeste à criminaliser les activités syndicales pacifiques ». Pour ces observateurs internationaux, l’interpellation de figures syndicales pour des actes de désobéissance civile non violents constitue un signal négatif envoyé aux défenseurs des libertés fondamentales.
Les faits incriminés remontent principalement au mois de janvier 2026. Le 14 janvier, une intervention policière lors d’un rassemblement devant le ministère français de l’Agriculture s’est soldée par l’arrestation de 52 personnes. Quelques jours plus tôt, le 9 janvier, deux porte-parole de la Confédération paysanne avaient également été interpellés à proximité de l’Arc de Triomphe.
Ces manifestations visaient à dénoncer plusieurs problématiques urgentes pour la profession : la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, les implications de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, ainsi que le manque de soutien structurel à l’agriculture paysanne. Parmi les personnes arrêtées figuraient des cadres nationaux de la Confédération paysanne et des responsables du mouvement international La Via Campesina.
Dans leur analyse, les experts onusiens estiment que ces mesures de coercition représentent une « restriction disproportionnée » des libertés de réunion et d’expression. Ils rappellent que les autorités ont l’obligation de faciliter les manifestations pacifiques plutôt que de les réprimer. L’arrestation de dirigeants pour des actes symboliques est perçue comme une menace directe sur le droit des paysans à exprimer leurs griefs sans crainte de représailles.
Les experts ont indiqué avoir saisi le gouvernement français pour obtenir des clarifications sur ces événements, appelant Paris à privilégier le dialogue avec une profession qui se mobilise pour la survie de ses moyens de subsistance.