La maison d’édition L’Harmattan a servi de cadre, ce samedi 24 janvier 2026, à la cérémonie de présentation de l’ouvrage « Màndarga », signé par Coline E. L. Fay. Devant un public composé d’acteurs de la société civile et de sympathisants, l’activiste française est revenue sur la genèse de ce témoignage qui plonge au cœur de la période de tensions politiques traversée par le Sénégal en 2023. Un récit dont le point de départ repose sur une interaction spécifique survenue dans l’enceinte judiciaire.
L’ouvrage s’ouvre sur une prédiction formulée dans un contexte d’enfermement. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, c’est une phrase prononcée dans le bureau du juge du 2e cabinet du tribunal de Dakar qui sert d’incipit au livre : « Quand vous rentrerez, vous pourrez écrire un livre ». Cette déclaration, qualifiée de prophétique par l’auteure, a structuré la démarche d’écriture de cette ancienne prisonnière, arrêtée durant les événements liés au bras de fer entre le président sortant Macky Sall et l’opposant Ousmane Sonko.
Dans ce livre, Coline Fay relate la chronologie des faits et son expérience de la vie carcérale. Le récit aborde les dynamiques de l’insurrection de 2023 en mêlant vécu personnel et analyse politique, notamment sous le prisme des mouvements panafricanistes. L’auteure y décrit les conditions de détention, la violence institutionnelle perçue, mais également les mécanismes de solidarité observés entre détenus.
Le choix du titre, « Màndarga », répond à une symbolique précise expliquée lors de la dédicace. Ce terme wolof, qui signifie « marque », « preuve » ou « cicatrice », a été retenu pour illustrer les traces laissées par l’épreuve sur le corps et l’esprit. Il matérialise, selon l’ouvrage, l’extériorisation d’une expérience douloureuse et l’affirmation d’une liberté recouvrée.
Originaire de Grenoble et arrivée au Sénégal en novembre 2022 après un parcours en Espagne, Coline E. L. Fay inscrit ce travail de mémoire dans une réflexion plus large sur les relations franco-sénégalaises. L’ouvrage se veut une déconstruction des attitudes jugées paternalistes et une contribution à l’histoire contemporaine des luttes sociales au Sénégal.