Face à ce qu’elle considère comme une dérive dangereuse de l’administration américaine, La France insoumise (LFI) tente de redéfinir les alliances militaires de Paris. La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, a formalisé une demande de rupture avec l’OTAN, motivée par une longue liste de griefs contre le président Donald Trump et la nécessité, selon elle, de retrouver une autonomie stratégique.
Cette initiative parlementaire ne se contente pas de demander un retrait ; elle structure les étapes d’un divorce diplomatique et militaire complexe.
Un calendrier de sortie en deux temps
Selon les informations relayées par Anadolu, la proposition de résolution déposée mercredi invite le gouvernement français à orchestrer ce départ selon un protocole précis. Le texte prévoit d’abord un « retrait immédiat du commandement intégré de l’alliance », revenant ainsi sur la décision prise en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans un second temps, le document planifie une « sortie complète de l’organisation ».
L’aspect le plus notable de cette proposition réside dans son anticipation des conséquences diplomatiques. Consciente de la portée d’une telle décision, la résolution intègre la probabilité de mesures rétorsives venant de la Maison Blanche. Le texte stipule explicitement qu’il « s’agira d’élaborer les parades aux sanctions que pourraient vouloir imposer les États-Unis du fait de ce retrait ».
Un réquisitoire contre l’administration Trump
Pour justifier cette rupture, Clémence Guetté dresse un bilan sévère de l’action internationale des États-Unis, qualifiée de « menace pour la paix du monde ». L’élue dénonce une « soumission sans fin » du président Emmanuel Macron à son homologue américain.
La résolution énumère des accusations précises contre la politique étrangère de Washington, citant des menaces d’intervention au Mexique, en Colombie et à Cuba, ainsi qu’une supposée « menace militaire d’une invasion du Groenland ». Le document évoque également le « kidnapping du président Maduro » pour le contrôle des ressources pétrolières vénézuéliennes et une « guerre commerciale imposée à la France ».
Sur le plan des conflits actuels, le texte pointe la responsabilité américaine dans le « soutien militaire et diplomatique » aux opérations israéliennes à Gaza, qualifiées de génocide par la députée, ainsi que des bombardements jugés illégaux au Yémen et en Iran.
L’argument de la souveraineté gaulliste
Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de renouer avec l’héritage du général de Gaulle, qui avait décidé en 1966 de soustraire les forces françaises au commandement intégré de l’OTAN. L’exposé des motifs affirme que « la France dispose, en toute autonomie, des moyens de sa défense nationale » et plaide pour une diplomatie non alignée.
Il ne s’agit pas d’une première pour le mouvement de gauche radicale. Clémence Guetté a rappelé qu’une initiative similaire avait été portée il y a cinq ans par le député Bastien Lachaud, soulignant que ce combat pour la souveraineté est une constante de leur ligne politique.