Le tribunal des flagrants délits de Dakar a statué, ce 4 mars 2026, sur une affaire d’extorsion impliquant deux chauffeurs domiciliés aux Parcelles-Assainies. Poursuivis par une jeune femme pour collecte illicite de données, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs et voies de fait, les mis en cause ont dû s’expliquer sur l’utilisation d’une photographie intime prise à l’insu de la victime.
Selon les informations rapportées par Kawtef, les faits s’articulent autour de Djiby Diouf et de son ami Demba Diouf. Les éléments de l’enquête révèlent que Djiby a photographié la plaignante, M. Sidibé, dans une position inconfortable et dénudée, avant de transférer le cliché à Demba. L’objectif, tel qu’exposé par le ministère public, consistait à utiliser cette image comme moyen de pression. Djiby entendait ainsi contraindre la jeune femme à maintenir des rapports sexuels avec lui, alors qu’elle souhaitait mettre un terme à leurs rencontres.
À la barre, les déclarations ont permis de préciser le rôle de chacun. La partie civile a indiqué que c’est Demba qui lui a fait parvenir la photo compromettante. Ce dernier lui a d’abord fourni une explication confuse, prétendant avoir vu l’image sur un téléphone qu’on lui aurait confié. Devant le juge, Demba a tenté de minimiser son implication, affirmant que Djiby lui avait envoyé le cliché sans explication et qu’il avait contacté la victime uniquement pour l’avertir que cette image pouvait « détruire sa vie ».
De son côté, Djiby Diouf a catégoriquement nié l’existence d’une relation amoureuse avec la plaignante, qualifiant leurs rencontres de « rapports tarifés ». S’il a reconnu être l’auteur de la photographie prise dans sa chambre, il a soutenu devant le tribunal l’avoir fait « par erreur », tout en présentant ses excuses.
Face à ces éléments, le procureur de la République a requis l’application de la loi pénale. Les deux prévenus, qui comparaissaient sans l’assistance d’un avocat, ont sollicité la clémence de la juridiction. La partie civile avait pour sa part réclamé 200 000 F CFA en guise de dédommagement.
Dans son délibéré, le juge a opéré une distinction nette entre les responsabilités des deux hommes. Demba Diouf a été relaxé du chef de diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, et les accusations de violences initialement retenues contre lui ont été disqualifiées en voies de fait. Il a été condamné à un mois d’emprisonnement ferme.
Djiby Diouf, identifié comme l’auteur principal de la captation clandestine et de la tentative de contrainte, a en revanche été déclaré coupable de l’ensemble des chefs d’accusation. Le tribunal a prononcé à son encontre une peine d’un an de prison ferme et a accédé à la demande de M. Sidibé en lui allouant la somme de 200 000 F CFA en réparation du préjudice subi.