Cession des Chagos à l’île Maurice : la réponse tranchée de Londres aux invectives de Donald Trump concernant la base de Diego Garcia

Le dossier de la rétrocession de l’archipel des Chagos à l’île Maurice continue de susciter des réactions au plus haut niveau international. Alors que le président américain Donald Trump a vivement critiqué cette décision diplomatique, le gouvernement britannique a tenu à clarifier sa position ce mardi. Au cœur de cet échange tendu se trouve l’avenir de la base militaire stratégique de Diego Garcia et les impératifs de sécurité nationale invoqués par le Royaume-Uni.

La réaction de Londres ne s’est pas fait attendre. Suite aux propos de Donald Trump qualifiant l’accord sur les îles Chagos d’« acte de grande stupidité », le gouvernement britannique a opposé une fin de non-recevoir. Un porte-parole du gouvernement a affirmé, selon Anadolu, que le Royaume-Uni ne transigerait « jamais » sur sa sécurité nationale, réfutant l’idée que cet accord affaiblirait la position des alliés occidentaux dans l’océan Indien.

Une décision dictée par une fragilité juridique

Loin d’être un abandon, Londres présente cette cession comme une manœuvre nécessaire pour sauver l’essentiel. Le porte-parole a expliqué que la base de Diego Garcia était menacée par des décisions de justice qui « ont fragilisé » la position britannique et auraient pu, à terme, empêcher son fonctionnement normal. En cédant la souveraineté à l’île Maurice, le Royaume-Uni a négocié en retour un bail garantissant l’exploitation de la base conjointe américano-britannique pour les 99 prochaines années.

Le Premier ministre Keir Starmer avait déjà souligné l’année dernière que l’absence d’accord aurait créé un vide juridique. Cette situation aurait pu empêcher Londres et Washington de contrecarrer les ambitions d’autres nations, notamment la Chine, qui mène des exercices dans la région et pourrait chercher à établir des bases sur les îles périphériques.

Un accord soutenu par les partenaires internationaux

Le gouvernement britannique insiste sur les « dispositions solides » de l’accord qui préservent les capacités uniques de la base et en interdisent l’accès aux adversaires stratégiques. Londres rappelle d’ailleurs que ce traité a été salué par plusieurs partenaires clés, dont l’administration américaine actuelle, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, ainsi que l’Inde, le Japon et la Corée du Sud.

Pour rappel, l’archipel des Chagos, séparé de l’île Maurice en 1965 par le Royaume-Uni, abrite la base de Diego Garcia, pivot de la présence militaire occidentale dans l’océan Indien. L’île Maurice, devenue indépendante en 1968, revendiquait depuis lors sa souveraineté sur ces territoires.

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