Biram Senghor a adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron au sujet de la mort de son père, M’Bap Senghor, tué au camp de Thiaroye le 1er décembre 1944. Plus de quatre-vingts ans après le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française, la reconnaissance officielle de sa réalité n’a pas dissipé les zones d’ombre ni le sentiment d’injustice lié à l’insuffisance des réparations. Datée du 1er octobre 2026 à Diakhao, la lettre intervient alors que le président français est attendu au Sénégal pour les Jeux Olympiques de la jeunesse.
Le tribunal administratif de Paris a condamné le ministère des Armées, le 25 mars 2026, à verser 10 000 euros à Biram Senghor pour préjudice moral. Celui-ci indique que la décision, qui reste exécutoire malgré l’appel du ministère, n’a pas été suivie du versement dans le délai prévu. Dans sa réponse, il affirme avoir demandé réparation dès les années 1970, puis à la fin de 1982, et dit que des notes ministérielles de 1983 le confirment. Son cas illustre les demandes de réparation qui restent au cœur de la quête de justice portée au Sénégal et sur le continent.
La lettre de Biram Senghor à Macron évoque également le recours déposé par le ministère le 25 mai 2026 : celui-ci soutient que les demandes d’indemnisation auraient dû être présentées avant le 31 décembre 2018. Publiée le 4 octobre sur le blog d’Armelle Mabon via Mediapart, la lettre, relayée par Seneplus, conteste aussi l’idée d’une confusion entre M’Bap Senghor, matricule 32.124, et Bappe Seck N’Gor, matricule 15.072.
Biram Senghor affirme que sa mère et son oncle avaient été informés que son père n’était pas rentré, et que l’administration aurait ensuite cherché à lui attribuer l’acte de décès de l’autre tirailleur. Il souligne que la mention « Mort pour la France » n’a été accordée qu’à six tirailleurs et estime que le bilan des morts est proche de 380, en s’appuyant sur le chiffre avancé par le cinéaste Ousmane Sembène, plutôt que de 35 ou 70. Ces désaccords sur les identités et le nombre de victimes entretiennent les zones d’ombre qui nourrissent les appels à établir pleinement la vérité sur le massacre.
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Il demande une sépulture digne pour les victimes ensevelies dans des fosses communes, l’innocentation des 34 condamnés ainsi que vérité, justice et réparations pour leurs descendants. Une délégation sénégalaise a reçu 35 actes de décès en 2024, mais les revendications de Biram Senghor s’inscrivent dans une demande plus large : que les victimes et leurs familles obtiennent enfin reconnaissance et réparation.


