Le cabinet SCC, chargé d’auditer les comptes de la Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional (Senter) pour l’exercice 2023, a rendu ses conclusions. Si les états financiers affichent une stricte parité entre les produits et les charges, fixés à plus de 33,3 milliards de francs CFA, l’architecture qui permet de maintenir ce résultat repose sur un mécanisme de compensation spécifique.
Au centre de cette organisation figure le Contrat d’exploitation et de maintenance (CEM) liant la Senter à la Seter. Signé en janvier 2023 pour une durée de trois ans, cet accord s’élève à 119,6 milliards de francs CFA. La marge de l’exploitant est contractuellement plafonnée à 8,75 % de son chiffre d’affaires annuel hors taxes, un taux ajustable annuellement après certification des comptes sur la base du résultat avant impôt.
L’exploitation de cette infrastructure reliant Dakar à Diamniadio révèle toutefois un écart structurel entre le coût réel du service et les revenus générés par les usagers. Selon les informations détaillées par le journal Le Quotidien, le ministère des Finances et du Budget a dû mettre en place une ligne de crédit irrévocable auprès de la Société Générale Sénégal pour sécuriser le modèle économique. L’État du Sénégal s’est ainsi engagé sur une subvention globale de 28 milliards de francs CFA.
Cette enveloppe étatique se divise en deux volets précis. Une première partie de 18 milliards de francs CFA est allouée pour combler le déficit entre les sommes dues à la Seter et les recettes commerciales issues de la billetterie. Les 10 milliards restants sont destinés à financer les charges d’électricité auprès de la Senelec, les assurances des actifs du TER, la convention avec la gendarmerie, ainsi que d’autres contraintes opérationnelles.
Pour l’année 2023, les flux financiers documentés par l’audit illustrent le poids de ce dispositif. Les recettes d’exploitation tirées de la vente des billets se sont établies à 17,25 milliards de francs CFA. En face, les dépenses ont atteint 32,19 milliards, facturés par la Seter pour ses prestations mensuelles d’exploitation et de maintenance. S’y ajoutent 4,97 milliards de charges directes supportées par la Senter, comprenant notamment 2,87 milliards pour la Senelec, 1,47 milliard pour les assurances, 511,54 millions pour l’ONAS et 113,66 millions pour la gendarmerie.
Afin d’équilibrer ces comptes et d’assurer la continuité du service, deux comptes séquestres ont été ouverts. Les données de l’exercice indiquent que 18,72 milliards de francs CFA ont été mobilisés via la ligne de crédit bancaire, complétés par un versement de 14 milliards effectué par l’État au titre d’une subvention d’exploitation initiale.