Dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen-Orient, l’Espagne a fermement rappelé aux États-Unis les limites de leur coopération militaire. Madrid a affirmé lundi qu’aucune action hostile contre l’Iran ne sera menée depuis les bases situées sur son sol, réaffirmant son contrôle souverain et son attachement au droit international.
Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a été catégorique lors d’une intervention télévisée. Il a assuré que les installations stratégiques, notamment la base navale de Rota et la base aérienne de Morón de la Frontera, ne sont pas et ne seront pas mobilisées dans le cadre du conflit en cours. « Les bases relevant de la souveraineté espagnole ne seront pas utilisées pour des actions qui ne correspondent ni à l’accord conclu avec les États-Unis ni à la Charte des Nations unies », a-t-il martelé, précisant que Washington n’avait pas informé Madrid en amont des récentes frappes.
Cette prise de position s’inscrit dans une critique plus large émanant du sommet de l’État espagnol. Le Premier ministre, Pedro Sánchez, avait lui-même dénoncé « l’action unilatérale » des États-Unis et d’Israël, estimant qu’elle contribue à « un ordre international plus incertain et plus hostile ». Pour Madrid, l’intervention américaine, qualifiée par M. Albares d’« action en dehors de tout cadre collectif », rompt avec l’approche multilatérale que le pays défend sur la scène internationale.
Au-delà des principes diplomatiques, l’exécutif espagnol s’inquiète des répercussions concrètes d’une escalade. Le chef de la diplomatie a mis en garde contre des « conséquences imprévisibles », citant le risque de perturbations dans le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures, et la flambée des prix du pétrole qui en découlerait. Face à ce scénario, Madrid appelle instamment à une désescalade rapide et à un retour à la diplomatie.
Tout en condamnant également les frappes de représailles menées par l’Iran, l’Espagne se positionne ainsi comme un allié des États-Unis qui n’entend renoncer ni à sa souveraineté, ni à sa vision d’un ordre mondial régulé par le droit. Un message clair envoyé à Washington en pleine crise internationale.
Voilà au moins, une autorité honnête, véridique et courageux