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Babacar Touré sur la décision du Conseil constitutionnel : « Si vous gardez le silence, vous devenez partie prenante de l’injustice »

Invité de l’émission Survol de l’actualité, Babacar Touré a réagi à la décision du Conseil constitutionnel dans l’affaire Ousmane Sonko. Il confie ne pas être surpris, évoquant une jurisprudence établie, tout en notant qu’une issue différente aurait créé un nouveau précédent. « Je m’y attendais, car il existe déjà une jurisprudence en la matière. Cependant, si, pour une fois, une décision différente avait été rendue, elle aurait elle-même constitué une nouvelle jurisprudence », a-t-il déclaré.

Touré a ensuite critiqué ce qu’il perçoit comme une complaisance face à l’injustice : « En période d’injustice, lorsque certains utilisent leur pouvoir pour fragiliser une personne et que vous choisissez de garder le silence, vous devenez, d’une certaine manière, partie prenante de cette injustice. »

Il a rappelé que les arrêts du Conseil constitutionnel sont contraignants pour tous, citant l’article 92 de la Constitution. « La constitution l’article 92 est claire : les décisions du Conseil constitutionnel s’appliquent à tous. Un magistrat disait même : « Nos erreurs aussi s’imposent à vous » », a-t-il ajouté.

Contrairement à ceux qui voient dans cette décision un gage de paix sociale, Babacar Touré est d’un avis opposé. « On nous dit que le Conseil constitutionnel a privilégié la paix. Je ne partage pas cet avis. Si tel était réellement son objectif, quel impact le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale aurait-il eu sur la stabilité du Sénégal ? », s’est-il interrogé.

Il a souligné le rôle clé de Sonko lors des législatives, où il a mené la liste de Pastef et contribué à l’élection de ses députés. « Aujourd’hui, il est à la Primature sans avoir démissionné de son mandat de député. Si le Conseil constitutionnel voulait véritablement favoriser l’apaisement, il aurait pu affirmer clairement qu’aucun obstacle juridique ne s’oppose à son retour à l’Assemblée nationale », a-t-il regretté.

Touré déplore que le Conseil se soit déclaré incompétent et ait renvoyé l’affaire à la Cour suprême. « Comme on dit en wolof : « Ndam demul, ndam dikkul ». C’est le pays qui se retrouve dans une situation délicate », a-t-il conclu, selon des propos rapportés par Kewoulo.

Cette décision du 17 juin 2026, par laquelle le Conseil constitutionnel s’est déclaré incompétent pour annuler la réintégration d’Ousmane Sonko comme député, a rejeté le recours d’une vingtaine de députés de l’opposition (Takku Wallu Sénégal et non-inscrits). Le Pr Meïssa Diakhaté avait déjà interrogé les fondements textuels de la compétence du Conseil dans cette affaire, soulignant l’absence de base légale claire. Ce vide juridique a ainsi permis au Conseil de se retirer, renvoyant la balle à la Cour suprême.

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