Australie : Trois jours après le jet d’un engin artisanal dans la foule, le revirement crucial opéré par les enquêteurs sur la nature du dossier

Lundi dernier, à Perth, le rassemblement marquant la fête nationale australienne – contestée sous le nom de « Jour de l’Invasion » par les communautés autochtones – a évité le pire de justesse. Un homme de 31 ans a été interpellé après avoir projeté un sac suspect au milieu de milliers de manifestants. Si les premières charges retenues contre lui relevaient du droit commun, l’enquête prend désormais une tout autre dimension face aux éléments matériels retrouvés et à la pression des organisations de défense des droits humains.

Selon nos informations, relayant une enquête d’Al Jazeera, la police d’Australie-Occidentale envisage désormais de requalifier l’incident en « acte terroriste potentiel ». Ce changement de cap intervient quarante-huit heures après l’inculpation initiale du suspect pour tentative de blessures et possession d’explosifs dans des circonstances suspectes.

L’objet de toutes les inquiétudes est un engin explosif improvisé (IED) qui, fort heureusement, n’a pas détoné. Les rapports des services de déminage décrivent un dispositif contenant un mélange de produits chimiques volatils, conçu pour maximiser les dégâts : des clous et des billes de métal étaient fixés à l’extérieur de l’appareil. L’homme l’aurait sorti de son sac avant de le lancer depuis une passerelle directement dans une foule estimée à plus de 2 000 personnes.

**La thèse du crime de haine privilégiée par les victimes**

Ce durcissement de la position policière fait écho aux vives réactions de la communauté aborigène Noongar et des groupes de défense des droits civiques. Hannah McGlade, professeure de droit à l’Université Curtin et membre de la communauté, a indiqué que la police semblait enfin « entendre les inquiétudes » des populations visées. Pour ces dernières, il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais d’un crime de haine ciblant spécifiquement un rassemblement pacifique autochtone.

Une perquisition menée au domicile du suspect a permis aux enquêteurs de découvrir d’autres matériaux et substances chimiques compatibles avec la fabrication d’explosifs artisanaux. Ces découvertes renforcent les interrogations sur la préméditation de l’acte.

Le Human Rights Law Centre a par ailleurs pointé du doigt la gestion des événements par les forces de l’ordre, exigeant une enquête indépendante. L’organisation souligne que des menaces crédibles avaient été reçues avant le rassemblement, soulevant la question de la réactivité de la police face à la sécurité des manifestants autochtones avant même que l’incident ne se produise.

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