La rencontre s’est tenue en Suisse, loin des tensions directes du Moyen-Orient, mais au cœur des tractations diplomatiques qui redessinent les équilibres régionaux. En marge du Forum économique mondial de Davos, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’est entretenu avec son homologue américain Donald Trump. Si les échanges ont porté sur la gestion des ressources hydriques du Nil, c’est surtout la configuration de l’après-guerre à Gaza qui a dominé les discussions, débouchant sur une intégration formelle du Caire dans le nouveau dispositif de sécurité mondiale.
Le dossier de l’eau reste une priorité existentielle pour l’Égypte. Face au président américain, Abdel Fattah al-Sissi a tenu à saluer l’implication de Washington dans le litige opposant son pays à l’Éthiopie. Le Grand barrage de la Renaissance (GERD), inauguré en septembre 2025 sur le Nil Bleu, continue de cristalliser les inquiétudes en aval. Selon les informations relayées par Al-Qahera News, le chef de l’État égyptien a explicitement remercié Donald Trump pour son soutien en matière de « sécurité hydrique », alors que les États-Unis se sont dits prêts, dès le 16 janvier, à relancer la médiation entre Le Caire et Addis-Abeba.
Cependant, le volet le plus stratégique de cet entretien concerne la situation dans la bande de Gaza. Le président égyptien a attribué l’arrêt des hostilités à l’intervention directe de la Maison Blanche. Qualifiant les opérations israéliennes de « génocide », al-Sissi a affirmé que sans les efforts du président américain, « la guerre à Gaza ne se serait pas arrêtée ». Il a par ailleurs exhorté Washington à maintenir son parrainage jusqu’à l’application totale du plan de paix.
Cette coopération se traduit désormais par un engagement institutionnel. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a confirmé que le pays avait reçu et accepté une invitation pour siéger au « Conseil de la paix », une nouvelle instance dirigée par Donald Trump. Cette adhésion reste toutefois suspendue à l’achèvement des « procédures légales et constitutionnelles nécessaires » au niveau national. Cette structure supranationale s’inscrit dans la continuité de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en novembre 2025, et vise à superviser la mise en œuvre du plan en 20 points pour la région.
L’intégration de l’Égypte à ce conseil intervient alors que la deuxième phase du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est enclenchée. Ce dispositif, également connu sous le nom de « Board of Peace », a pour vocation de piloter les mécanismes de reconstruction après un conflit qui a causé plus de 71 500 morts depuis octobre 2023. Selon notre rédaction, cette instance devra gérer à la fois la gouvernance locale et la mobilisation des capitaux internationaux nécessaires au redressement du territoire palestinien.
Le dictateur préféré de Trump