Au Sénégal, la loi sur la parité vise les élus, mais pas les postes stratégiques

Une juriste sénégalaise a plaidé pour une révision de la loi sur la parité afin de faciliter l’accès des femmes aux postes de nomination et aux hautes fonctions de décision.

Cette demande a été formulée par Fatoumata Gueye Ndiaye, présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises. Elle s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de deux jours consacré à la participation politique des femmes et à la gouvernance inclusive. La rencontre, tenue les 19 et 20 mai 2026, a réuni une trentaine de femmes leaders sénégalaises autour des enjeux liés à la participation politique des femmes en Afrique de l’Ouest francophone.

Un écart entre avancées électives et accès aux postes stratégiques

Pour Fatoumata Gueye Ndiaye, la législation en vigueur a certes permis des progrès dans les instances électives et semi-électives, mais elle reste trop limitée. Elle estime que les femmes demeurent peu présentes dans les postes stratégiques de gouvernance. À l’Assemblée nationale, elles représentent 41 % des députés. Au niveau local, le déséquilibre est plus marqué : sur 558 communes, 18 seulement sont dirigées par des femmes, tandis que 3 conseils départementaux sur 43 sont présidés par elles. Elle a aussi relevé que les têtes de listes n’étaient que de 13 %.

Ces éléments ont été rapportés par LII Quotidien dans son compte rendu de l’atelier organisé par le Réseau des femmes leaders pour le développement, dans le cadre de l’Afrofeminist Initiative for Human Rights Development in Francophone West Africa, avec l’appui de la Giz. La juriste a également regretté le faible nombre de femmes ministres, précisant qu’elles sont 6 dans le gouvernement. Elle a ajouté que, dans les partis, les fonctions de président et de secrétaire général restent occupées par des hommes.

Au cours de son intervention, Fatoumata Gueye Ndiaye a soutenu qu’une réforme de la loi constituerait une étape vers une « parité absolue ». Elle a lié ce plaidoyer aux engagements internationaux du Sénégal, citant le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique. Elle a enfin invité les participantes à porter ce plaidoyer auprès des autorités étatiques pour obtenir une révision du texte.

Dans le même élan, Bator Seck, point focal Sénégal du Réseau des femmes leaders pour le développement, a présenté cet atelier comme un cadre de réflexion, de stratégie et d’action sur la place des femmes dans la gouvernance politique. Venue présider l’ouverture au nom de la ministre de la Famille empêchée, Mama Diouf Sarr a estimé qu’une gouvernance inclusive ne peut se construire sans une participation pleine des femmes aux espaces de décision.

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