Au-delà de la chirurgie, le statut régional spécifique que vise désormais l’hôpital Abass Ndao

La lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) prend une nouvelle tournure au sein des structures sanitaires de Dakar. Alors que la prise en charge se limitait souvent à l’aspect purement physique des séquelles, une approche plus globale émerge pour répondre aux besoins complexes des victimes. C’est dans ce cadre que le Centre hospitalier Abass Ndao orchestre actuellement sa troisième édition dédiée à cette problématique, avec une vision qui dépasse largement le cadre des blocs opératoires.

L’initiative, relayée par nos confrères de Kawtef, marque un tournant dans la méthodologie adoptée par l’établissement. Sous la houlette du Pr. Diédhiou et de la professeure Anna Sarr, cheffe du Service de médecine interne, l’hôpital ne se contente plus de réparer les corps. L’accent est désormais mis sur une stratégie « intégrée » qui associe la chirurgie à une prise en charge psychosociale indispensable pour la reconstruction des patientes.

Cette troisième édition se distingue par un volet formatif dense. Des sessions de formation médicale continue sont dispensées aux professionnels de santé, couvrant des domaines techniques précis comme l’évaluation échographique et la maintenance des équipements biomédicaux, mais aussi la psychosexologie. Ces travaux préparatoires doivent culminer avec un colloque scientifique prévu à l’hôtel Radisson (ex-Nova). Cet événement réunira près de 200 acteurs, incluant des représentants ministériels, des agences onusiennes et la société civile, autour du thème de la transition « de la prévention à la réparation ».

L’objectif affiché par la direction de l’hôpital est clair : transformer Abass Ndao en un centre de référence régional pour la prise en charge des MGF. Cette ambition s’appuie sur la pérennité du dispositif. Les responsables assurent que les femmes enregistrées durant cette campagne bénéficieront d’un suivi médical et psychologique sur le long terme, bien au-delà de la semaine d’activités. Pour la professeure Sarr, il s’agit d’agir efficacement au niveau communautaire pour éradiquer la pratique tout en offrant une dignité retrouvée aux victimes.

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