Une course contre la montre est engagée depuis plusieurs heures en Amérique du Sud. Les autorités de l’aviation civile, appuyées par des équipes de secours, tentent de localiser un appareil commercial qui a brutalement cessé d’émettre alors qu’il survolait une région frontalière particulièrement dense. L’inquiétude des autorités est amplifiée par la composition de la liste des passagers, qui comprend des acteurs clés de la vie politique locale.
L’alerte a été donnée lorsque le vol, opéré par la compagnie publique Satena, a disparu des écrans radars. L’appareil assurait la liaison entre Cucuta et Ocana, deux villes du département de Norte de Santander, situées à la frontière avec le Venezuela. Selon les données préliminaires communiquées par les contrôleurs aériens et relayées par Al Jazeera, l’historique de vol indique une chute soudaine d’altitude survenue à peine 11 minutes avant l’atterrissage prévu.
**Des personnalités politiques à bord**
Ce qui rend cette disparition particulièrement sensible pour le gouvernement de Bogota, c’est la présence confirmée de quinze personnes à bord, dont deux membres d’équipage et treize passagers. Parmi eux figurent Diogenes Quintero, un législateur de la chambre basse occupant un siège spécifiquement réservé aux victimes du conflit armé, ainsi que Carlos Salcedo Salazar, candidat en lice pour ce même siège lors des prochaines élections.
La ministre des Transports, Maria Fernanda Rojas, a confirmé l’activation immédiate des protocoles d’urgence. Un « Poste de Commandement Unifié » (PMU) a été mis en place pour coordonner les opérations. « La Direction d’Enquête sur les Accidents rassemble actuellement toutes les informations concernant la perte de communication de l’aéronef HK4709 », a-t-elle précisé.
**Une zone de recherche complexe**
Les opérations de sauvetage s’annoncent particulièrement ardues. L’avion s’est volatilisé au-dessus de la région du Catatumbo, une zone caractérisée par une jungle épaisse qui complique l’accès terrestre et la visibilité aérienne. Si des sources locales évoquent la piste de mauvaises conditions météorologiques pour expliquer l’incident, le contexte sécuritaire de la région ne peut être ignoré.
Le Catatumbo est historiquement une zone de conflit actif, abritant d’importantes cultures de coca et servant de refuge à divers groupes armés, notamment l’Armée de Libération Nationale (ELN) et des dissidents des FARC. La position stratégique de ce territoire, frontalier du Venezuela, en fait un foyer de tensions régulières. L’année dernière, des affrontements entre ces groupes avaient provoqué le déplacement de plus de 50 000 personnes.
La liaison aérienne Cucuta-Ocana, inaugurée en juin dernier, visait justement à désenclaver cette région dont les connexions routières restent précaires et dangereuses.