Les tensions liées aux opérations militaires au Moyen-Orient s’invitent au cœur des institutions européennes. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fait l’objet d’une vive fronde de la part des parlementaires de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), qui exigent une rétractation formelle après son récent discours.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le groupe S&D a publié un communiqué ferme ce mercredi, dénonçant la posture adoptée par la dirigeante européenne. Au centre des critiques se trouve une remise en cause explicite du rôle de l’Europe dans la défense du droit international, couplée à une prise de position tranchée sur la situation iranienne.
Lors d’une intervention devant les parlementaires un peu plus tôt dans la journée, Ursula von der Leyen a affirmé que l’Europe ne pouvait plus agir comme garante de l’ordre international existant. Abordant le cas de Téhéran, visé par des attaques américano-israéliennes depuis le 28 février, elle a déclaré qu’il ne fallait verser « aucune larme » pour l’Iran, justifiant son propos par les décennies de répression exercées par le régime sur sa propre population.
Cette déclaration a provoqué une réaction immédiate du groupe S&D sur le réseau social X. Qualifiant ces propos d’« inacceptables », les eurodéputés ont averti que la remise en question de la centralité du droit international envoie un signal dangereux à ceux qui cherchent à le saper. Ils exigent que ces affirmations soient clarifiées et corrigées sans délai.
Les parlementaires ont également pointé du doigt ce qu’ils considèrent comme un double standard dans la diplomatie européenne. Notre rédaction note que le groupe a insisté sur la nécessité d’une cohérence absolue, soulignant qu’il est impossible de condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie tout en gardant le silence lorsque Donald Trump et Benjamin Netanyahu s’affranchissent des mêmes règles internationales.
Le communiqué conclut en rappelant que le projet européen repose sur le principe fondamental que la puissance doit être limitée par le droit. Pour les membres du S&D, toute action militaire menée au Moyen-Orient sans l’aval et la légitimité des Nations unies ne fait qu’accentuer l’instabilité régionale et fragiliser les normes qui protègent les civils à l’échelle mondiale.