Après le retrait des forces kurdes de Raqqa, la position surprenante affichée par Donald Trump sur le dossier syrien

La carte géopolitique du Moyen-Orient est en train d’être redessinée à une vitesse fulgurante, marquant une rupture nette avec les alliances de la dernière décennie. Alors que les Forces démocratiques syriennes (FDS), longtemps fer de lance de la lutte anti-EI soutenue par Washington, perdent du terrain, la Maison Blanche opère un virage stratégique majeur. Un échange téléphonique récent entre le président américain et son homologue syrien vient confirmer cette nouvelle dynamique, laissant entrevoir une recomposition totale des forces en présence.

C’est un changement de ton radical qui émane de Washington. Donald Trump s’est déclaré « très heureux » de l’évolution de la situation en Syrie, suite à l’offensive menée par l’armée gouvernementale syrienne contre les FDS, pourtant anciens alliés des États-Unis. Cette déclaration intervient après un entretien téléphonique avec le président syrien Ahmed al-Sharaa, que le locataire de la Maison Blanche a qualifié de « très respecté ».

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cet échange a eu lieu juste avant le départ du dirigeant syrien pour Moscou, où une rencontre avec Vladimir Poutine est prévue ce mercredi. Donald Trump a confié aux journalistes avoir eu une « excellente conversation » concernant la Syrie et la région, affirmant que les événements actuels « fonctionnent très bien ».

Un changement d’alliance assumé

Sur le terrain, les conséquences de ce réalignement sont immédiates. Les FDS ont annoncé le 18 janvier leur retrait des villes stratégiques de Raqqa et Deir Ezzor face à l’avancée de l’armée syrienne. Ce recul marque la fin d’une époque pour le groupe dirigé par les Kurdes. L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a d’ailleurs souligné la semaine dernière que le rôle des FDS en tant que « principale force anti-EI » avait « largement expiré », Damas assumant désormais les responsabilités sécuritaires.

Du côté syrien, la présidence a indiqué qu’Ahmed al-Sharaa avait insisté auprès de Donald Trump sur l’engagement total de la Syrie envers son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale. L’accent a également été mis sur la nécessité d’unifier les efforts internationaux pour empêcher le retour des « groupes terroristes », y compris l’État islamique (EI). À noter que Damas a rejoint la Coalition mondiale contre Daech en tant que 90e membre fin 2025, un symbole fort de cette normalisation.

Réactions politiques aux États-Unis

Ce revirement n’a pas manqué de susciter des remous au sein même du camp républicain. Le sénateur Lindsey Graham, initialement critique et plaidant pour des sanctions face à l’offensive syrienne, a finalement changé son fusil d’épaule en créditant Donald Trump du rétablissement de la stabilité en Syrie. De son côté, le président américain a affirmé sur Fox News, sans livrer de détails précis, avoir « résolu un problème énorme en conjonction avec la Syrie » avec l’aide de son secrétaire d’État Marco Rubio.

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