Les relations diplomatiques entre Washington et Londres ont connu un bref épisode de crispation ces dernières quarante-huit heures. Suite à des propos tenus sur la chaîne Fox News concernant l’engagement militaire européen en Afghanistan, le président américain Donald Trump a dû rectifier le tir ce samedi. L’objectif était clair : apaiser un allié historique blessé par des commentaires remettant en cause l’exposition au danger de ses troupes.
Dans une démarche visant visiblement à désamorcer les tensions avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président Donald Trump a utilisé son réseau social pour opérer un changement de ton radical. Reconnaissant explicitement le lourd tribut payé par l’armée britannique, il a évoqué les 457 soldats du Royaume-Uni tombés au combat et les nombreux blessés, les qualifiant désormais de « parmi les plus grands de tous les guerriers ».
« Les GRANDS et très BRAVES soldats du Royaume-Uni seront toujours avec les États-Unis d’Amérique ! C’est un lien trop fort pour être jamais rompu », a écrit le dirigeant américain. Cette déclaration tranche nettement avec ses propos antérieurs rapportés par Al Jazeera, où il suggérait que les troupes européennes étaient restées « un peu à l’écart des lignes de front » durant le conflit afghan.
Cette sortie médiatique intervient au lendemain d’une réaction ferme de Keir Starmer. Le Premier ministre britannique avait qualifié les commentaires initiaux, tenus en marge du Forum économique mondial de Davos, d’« insultants et, franchement, effroyables ». Interrogé sur la nécessité d’excuses, le chef du gouvernement britannique avait souligné que s’il avait lui-même tenu de tels propos, il présenterait certainement des excuses.
Si la nouvelle publication de Donald Trump ne constitue pas une excuse formelle, elle fait suite à un échange téléphonique entre les deux dirigeants plus tôt ce samedi. Selon une déclaration du bureau de Keir Starmer, le Premier ministre a rappelé au président américain le souvenir des « soldats britanniques et américains courageux et héroïques qui ont combattu côte à côte en Afghanistan, dont beaucoup ne sont jamais rentrés chez eux ».
L’indignation ne s’est pas limitée à la sphère politique. Le prince Harry, qui a effectué deux missions en Afghanistan, a également pris la parole vendredi, affirmant que les sacrifices des soldats méritaient d’être évoqués « avec vérité et respect ». D’autres dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre polonais Donald Tusk, ont aussi réagi vivement aux allégations initiales du président américain.
Pour rappel, l’intervention en Afghanistan avait déclenché pour la première fois l’article 5 de l’OTAN sur la sécurité collective, suite aux attaques du 11 septembre 2001. Outre les pertes britanniques et les plus de 2 400 soldats américains tués, le conflit a coûté la vie à 150 Canadiens, 90 militaires français et des dizaines d’autres soldats venus d’Allemagne, d’Italie ou du Danemark.