La Chambre des députés du Mexique a franchi une étape majeure dans la modification de sa législation sociale. Un projet de loi visant à restructurer la durée de la semaine de travail a été adopté, intégrant un mécanisme progressif ainsi que des ajustements spécifiques pour les entreprises.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le texte prévoit une réduction de la semaine de travail standard, qui passera de 48 à 40 heures d’ici 2030. Le vote a révélé un large consensus : sur 500 députés, 469 ont approuvé les grandes lignes du projet sans aucune voix contre. Les termes spécifiques ont ensuite été validés par 411 voix, au terme de près de 10 heures de débats parlementaires.
La réforme, initiée en décembre par la présidente Claudia Sheinbaum, s’appliquera à près de 13,4 millions de travailleurs. La diminution du temps de travail s’effectuera par paliers de deux heures par an. En contrepartie de cette réduction globale, la nouvelle loi autorise les employeurs à augmenter le volume d’heures supplémentaires hebdomadaires autorisées. Le quota de repos obligatoire, actuellement fixé à un jour pour six jours travaillés, reste quant à lui inchangé.
Le parti au pouvoir, Morena, a défendu cette évolution après plusieurs années de discussions avec le patronat. Pedro Haces, secrétaire général de la Confédération autonome des travailleurs et employés du Mexique, a déclaré lors des débats que la productivité devait se construire par la dignité et non par l’épuisement.
Le Mexique, deuxième économie d’Amérique latine, enregistre actuellement la moyenne annuelle de travail la plus élevée de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec 2 226 heures par travailleur. Ce volume horaire coexiste avec une productivité parmi les plus faibles de l’organisation et un secteur informel qui englobe 55 % de la main-d’œuvre nationale. Du côté de l’opposition, le député Alex Dominguez (PRI) a qualifié la réforme d’incomplète, estimant qu’elle avait été précipitée. Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être ratifié par les deux tiers des assemblées législatives des États mexicains.
Cette dynamique législative contraste avec la trajectoire actuelle de l’Argentine, troisième économie de la région. Confronté à une stagnation économique, le président argentin Javier Milei porte un projet de loi visant à étendre la journée de travail de huit à douze heures, tout en restreignant la rémunération des heures supplémentaires. Ce texte a été approuvé de justesse par la chambre basse argentine la semaine dernière et attend désormais le vote final du Sénat.