Le débat autour de la dette publique du Sénégal a pris une nouvelle tournure avec les explications de Dr. Babo Amadou Ba, directeur général du 3FPT. Dans une déclaration ferme, il dénonce les approximations de certains experts financiers et précise la situation réelle. « Hier défaut, aujourd’hui dette cachée », l’enseignant-chercheur répond aux critiques.
« Voilà la situation : Hier, c’était une certitude : le Sénégal allait faire défaut le 13 mars. Le Sénégal a payé », a rappelé Dr. Ba, avant de fustiger ceux qui aujourd’hui évoquent une « dette cachée » : « Aujourd’hui, les mêmes experts changent de discours mais… avec une dette cachée. Parmi ces experts, je ne parle pas de TAS : lui fait de la politique. Je voudrais simplement qu’il me dise : où et comment déclare-t-on publiquement une dette ? »
Le directeur général du 3FPT s’appuie sur la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, page 31, pour rappeler le cadre légal : « Pour l’année 2026, le ministre chargé des Finances est autorisé à contracter des emprunts, à recevoir des dons au nom de l’État du Sénégal et à lever des ressources de trésorerie pour un montant total de 6 266 693 000 000 FCFA. Ces financements pourront être mobilisés soit sur le marché national, soit sur le marché extérieur, auprès de pays ou d’organismes étrangers ou internationaux, à des conditions fixées par décret ou par convention. »
Dr. Ba dénonce une forme de « fiction financière » : « C’est fascinant. À ce rythme, même si le pays rembourse demain, certains expliqueront que c’est trop beau pour être vrai. La question à laquelle ils n’ont toujours pas répondu est la suivante : comment ont-ils fait ? Cela s’appelle de l’ingénierie financière. Aujourd’hui, même ce qui est écrit noir sur blanc devient… ‹‹ dette cachée ›› ? »
Selon lui, l’opération en cause, un Total Return Swap (TRS) contracté en 2025, a été pleinement intégrée dans la gestion de la dette : « Très bien. Mais où est la ‹‹ dette cachée ›› lorsque les intérêts (14 milliards de FCFA) sont clairement inscrits dans le service de la dette 2026 (LFI, page 81) ? On est passé de l’analyse financière à la fiction financière. »
Pour simplifier, Dr. Ba explique le mécanisme : « Le Sénégal souhaite mobiliser des ressources sans recourir à une dette classique. Il conclut alors un accord avec une banque. Celle-ci avance des fonds ; en contrepartie, le Sénégal paie des intérêts réguliers et transfère la performance d’un actif, en l’occurrence une obligation. »
Il souligne enfin que ces opérations s’inscrivent dans une logique de diversification et de transparence : « Les opérations réalisées en 2025 ont été menées sur le marché des titres publics, conformément au calendrier d’émission, en cohérence avec la SDMT et dans le respect de l’autorisation parlementaire issue de la seconde loi de finances rectificative pour 2025. »
Hier, on parlait de « défaut le 13 mars ». Aujourd’hui, de « dette cachée ». Demain, selon Dr. Ba, les critiques risquent de rester dans le registre de l’interprétation fantaisiste.