La Havane traverse une crise énergétique majeure, exacerbée par une réduction drastique des approvisionnements extérieurs. Dans ce contexte de tension régionale, où les alliances traditionnelles sont mises à l’épreuve par la pression de Washington, le rôle du Mexique en tant que fournisseur d’énergie devient central. Alors que des informations font état d’une interruption soudaine des flux pétroliers, l’exécutif mexicain a tenu à clarifier sa doctrine diplomatique et commerciale vis-à-vis de l’île voisine.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Mexique s’est retrouvé ces derniers jours au cœur d’une controverse médiatique concernant ses exportations d’hydrocarbures vers Cuba. Des médias influents, dont Bloomberg et le quotidien mexicain Reforma, ont indiqué qu’une cargaison prévue pour le mois de janvier avait été annulée. Cette nouvelle intervient alors que l’administration américaine surveille étroitement les soutiens économiques dont bénéficie La Havane.
**La souveraineté comme seule boussole**
Interrogée mardi lors de sa conférence de presse matinale, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a refusé de confirmer ou d’infirmer l’annulation spécifique de cette cargaison. Elle a toutefois tenu à recadrer le débat sur le terrain des principes. Pour la chef de l’État, la décision de « vendre ou donner du pétrole à Cuba pour des raisons humanitaires » relève strictement d’une « décision souveraine » du Mexique.
« C’est déterminé par Pemex [la compagnie pétrolière d’État] sur la base des contrats, ou, en tout cas, par le gouvernement, comme une décision humanitaire de l’envoyer dans certaines circonstances », a précisé Mme Sheinbaum. Face à l’insistance des journalistes sur une éventuelle reprise des expéditions, elle a éludé la question technique pour réaffirmer que son pays continuerait à faire preuve de « solidarité » envers Cuba.
**Le facteur américain et le retrait vénézuélien**
Cette position d’équilibriste s’explique par le contexte géopolitique tendu. L’agence Reuters a récemment souligné que le gouvernement mexicain réévaluait ses envois pour éviter une confrontation directe avec les États-Unis. Donald Trump a d’ailleurs déclaré mardi que « Cuba allait bientôt échouer », notant l’absence récente de soutien pétrolier ou financier venant du Venezuela.
Le retrait forcé du Venezuela, fournisseur historique de brut à prix réduit pour l’île, complique considérablement la donne. Selon des données maritimes et des documents internes de la société d’État PDVSA cités par nos sources, Caracas n’a envoyé ni brut ni carburant à Cuba depuis environ un mois. Cette interruption fait suite aux déclarations de Donald Trump annonçant l’arrêt des livraisons après des actions militaires américaines ciblant le président vénézuélien Nicolas Maduro.
L’année dernière, le Mexique expédiait environ 5 000 barils par jour vers Cuba. Avec l’effacement de la filière vénézuélienne, la continuité ou l’arrêt de ces livraisons mexicaines constitue désormais une variable critique pour la survie énergétique de l’île.