L’interpellation de l’ancien directeur des renseignements brésiliens sur le sol américain par les services de l’immigration relance le dossier des condamnations liées aux tentatives de déstabilisation à Brasilia. Les autorités brésiliennes se tournent désormais vers l’administration américaine pour finaliser le rapatriement du fugitif.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a officiellement sollicité les États-Unis pour le retour d’Alexandre Ramagem. Lors d’une interview accordée mardi, le chef de l’État s’est montré optimiste quant au transfert de l’ancien haut responsable, arrêté la veille en Floride par les services de l’immigration et des douanes américaines (ICE). L’objectif de cette requête présidentielle est de le soumettre à l’exécution d’une condamnation de 16 ans d’emprisonnement.
L’ex-chef espion avait fui le Brésil en septembre dernier après avoir été reconnu coupable de participation à un complot en faveur de l’ancien président Jair Bolsonaro, à la suite de la défaite électorale de ce dernier en 2022. Ce projet incluait notamment des plans visant à assassiner Luiz Inacio Lula da Silva. En tant qu’ancien patron de l’Agence brésilienne de renseignement (ABIN), Alexandre Ramagem fait également face à des accusations d’espionnage ciblées contre des adversaires politiques. Le média brésilien Folha de S Paulo précise que Brasilia avait déjà formulé une demande d’extradition par le passé.
Du côté des soutiens de Jair Bolsonaro, la détention opérée par l’ICE a été présentée lundi comme la conséquence d’un simple contrôle routier, suscitant au sein de ce camp l’espoir d’une libération rapide. L’ancien président Bolsonaro purge de son côté une peine de 27 ans de réclusion au Brésil. Ce vaste dossier judiciaire avait provoqué des tensions diplomatiques sous le mandat de Donald Trump, le dirigeant américain qualifiant alors son allié de victime d’une « chasse aux sorcières ». Donald Trump avait imposé des sanctions contre des magistrats brésiliens et appliqué d’importants droits de douane pour exiger l’abandon des poursuites. Les relations bilatérales se sont depuis apaisées, marquées par un allègement des tarifs douaniers et l’annonce récente d’une collaboration entre les États-Unis et le Brésil pour démanteler les réseaux de trafic de drogue et d’armes.